Les feuillets des Radis

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Radinouk

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MessageSujet: Les articles du dossier    Lun 14 Avr 2014 - 8:24

Des banlieues

La banlieue n'existe pas. Il y a des banlieues. Elles ne résultent pas seulement d'une situation spatiale et d'une position socio-économique précise mais aussi de représentations et d'imaginaires partagées.
La banlieue est multiple et hétérogène. Elle ne se limite pas aux barres et tours d'immeubles, loin de là. Ainsi, le quartier d'habitat pavillonnaire est également un espace constitutif de la banlieue, le plus vaste et le plus peuplé. Espace où rien ne peut se passer, où tout est fait pour que la vie ne s'exprime pas. Maison individuelle, parking individuel et grille. Les déplacements s'effectuent en voiture et les commerces se regroupent dans le non-lieu par excellence_: le centre commercial. En somme une banlieue réussie_!

Image horizontale des quartiers d'habitats pavillonnaires versus image verticale des quartiers plus populaires. Opposition très schématique mais qui différencie des lieux où le vivant n'a pas la même signification. Les quartiers populaires se distinguent à la fois d'une ville-centre muséifiée où plus rien ne doit se passer et des zones pavillonnaires conçues pour que rien ne puisse se passer. La compréhension dominante du monde pointe l'inhabitable justement là où il y a de la vie. Là où l'espace public s'éprouve. C'est-à-dire dans des lieux qui ne doivent pas être sans cesse propres et nettoyés pour être traversés. Là où il se passe des choses.

Cependant, aussi bien à travers les politiques publiques qu'à travers les grands canaux d'information, la banlieue demeure celle des pauvres.

Ainsi, quels reportages ou brèves d'informations grand public ne calquent pas l'image d'un grand ensemble, d'un groupe de «_jeunes de cités », en énonçant un des multiples acronymes barbares censé représenter un territoire en crise, pour évoquer la banlieue_?
Dans la novlangue et les représentations dominantes diffusées par les médias, des banlieues il n'y a en a qu'une_: celle qui pose problème, celle qui entasse les pauvres et les immigré-e-s, celle de la délinquance et de l'échec scolaire, celle des tours et des halls (toujours plus proche d'une base de narcotrafic que d'une entrée d'habitation), ou celles des groupes de jeunes au langage cru. Cette banlieue cristallise les peurs. Elle renvoie l'image d'une certaine désagrégation sociale.

De même, la banlieue de la politique de la ville est uniquement une banlieue pauvre et présentant des difficultés socio-économiques pour laquelle il faut trouver des solutions. Ces quartiers populaires qui sont devenus progressivement, dans le discours même des pouvoirs publics, des quartiers sensibles1.
Avec ce glissement linguistique et de perception, le problème de la pauvreté devient un problème ethnique (Sylvie Tissot2) et les classes dangereuses sont les populations imaginées comme immigrées3. Jeu sémantique où la lutte des classes disparaît au profit de la société du risque, mais surtout où naît l'amalgame entre une population – issue de l'immigration – et un risque. Or, sous le règne du sécuritaire, le risque est l'ennemi. Ainsi, ces «_quartiers sensibles_» en représentent une des formes visibles, celle de l'ennemi de l'intérieur. Ces ennemis de l'intérieur sont localisés et localisables, non plus par rapport à la ville où à une condition salariale, loin de l'inclusion dans le ban seigneurial, mais par rapport à une origine ethnique où ils sont a-ban-donnés dans un espace à l'écart de la ville.

Les «_solutions_» à cette non-inclusion doivent être trouvées au niveau local.
La solution phare, qui domine depuis 30 ans consiste à mélanger les pauvres avec des moins pauvres. D'apparence louable, cet effort de mixité – où les classes populaires devront par mimétisme adopter le bon comportement des classes moyennes – égrène les plus pauvres sur le territoire afin de lisser leur présence. Réduire les intensités est l'objectif_: toujours diminuer les risques d'affrontements et la possibilité qu'il se passe quelque chose.
Ainsi, plutôt que de combattre les inégalités socio-économiques, la mixité, idéal sociétal à la française, participe pleinement à masquer des problématiques systémiques liées au fonctionnement même du système néolibéral.
Autre solution, le ravalement de façade, nommé réhabilitation est censé participer à l'amélioration du cadre de vie. Drôle de stratégies que de combattre les inégalités inhérentes au système capitaliste avec des pots de peinture.
Penser que l'investissement, à coups de milliards, des politiques publiques est signe de bonne foi des décideurs est un leurre. Cela consisterait à nier que la cohabitation pacifique sur des territoires, où les écueils du système sont les plus visibles, a un prix.
Jusqu'à quel degré d'intensité est-il possible de tenir sans remettre en cause le fonctionnement même du système_? Pourquoi doit-on attendre que la présence policière tue pour brûler certaines des cibles les plus prégnantes des inégalités_?
Non, bien sûr, on nous apprend à porter les revendications poliment, si possible en bonne tenue et il conviendrait même de remercier ceux et celles qui nous laissent s'exprimer_!
Nous savons combien les codes bourgeois atténuent l'intensité des discours. Ainsi, transformer les demandes des habitant-e-s en proposition contrôlable figure en bonne place dans le manuel du parfait développeur social urbain. C'est le caractère incisif ou militant de l'action qui est régulé par ces dispositifs. La parole dépolitisée, prônée dans les conseils de quartiers, en est le meilleur exemple.
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Radinouk

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MessageSujet: Les encadrés   Lun 14 Avr 2014 - 8:25

Politique de la ville

Il faut distinguer la «_politique de la ville_» de la «_politique_». La «_politique de la ville_» représente les actions entreprises par l'Etat pour réduire les inégalités dans les «_zones urbaines sensibles_». Elle concerne des domaines d'actions variés allant de l'emploi au logement. Elle ne doit pas être assimilée à la «_politique_» locale qui se fait dans une commune par un maire et ses conseillers municipaux.

La ville-musée

La ville musée représente la ville morte, au sens où la vie quotidienne s'y retire. Hausse des prix de l'immobilier, concentration de musées ou centres historiques, réhabilitation de lieux anciens sanctuarisés, la ville-musée est une ville qui se visite plus qu'elle ne se vit. Tout devient patrimoine, tout doit être conservé. Elle s'installe dans un cercle vicieux_: à mesure qu'elle se sanctuarise, le présent s'efface et appelle toujours plus une recherche d'identité passée.

La muséification de la ville est en quelque sorte l'étape qui suit le processus de gentrification où une mémoire du quartier est érigée dans ces nouveaux espaces bourgeois. Dans de nouveaux musées, la culture populaire, révolutionnaire, devient une «_marque de fabrique_», une icône culturelle et marchande.

Gentrification

D'une manière très simplificatrice, la gentrification est le processus d'embourgeoisement de quartiers autrefois populaires. Il y a souvent un attrait initial de la part des artistes (qui y trouvent de grands espaces à louer, peu cher) puis de la classe intellectuelle précaire. Leur présence va générer des activités nouvelles, attirer de nouveaux commerces, et d'autres initiatives locales vont voir le jour. Cette nouvelle effervescence va tendre à rendre le quartier « attractif ». Sa mixité sociale apparente sera séduisante, l'éclectisme culturel associé à un demi pas cher en feront rapidement des endroits appréciés et s'accompagneront d'une hausse des prix du foncier et donc inévitablement des loyers également. Mécaniquement, les franges populaires s'en éloigneront... (Pour le cas parisien, voir Anne Clerval, Paris sans le peuple).

La gentrification n'est donc pas originairement un processus volontaire de chasse des plus pauvres mais il le devient. Les réhabilitations d'espaces et d'immeubles y contribuent souvent.
Le mécanisme étant connu, en l'absence de contestation collective dans ces quartiers (comme c'est le cas à Berlin ou Saint-Denis par exemple), les immeubles HLM, restent encore une des meilleures protections à ce processus de gentrification.
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Radinouk

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MessageSujet: Le détournements des HLMs   Lun 14 Avr 2014 - 8:26

Le détournement des HLMs

La catégorie HLM (Habitat à Loyer Modéré) est bien trop large pour décrire une réalité tangible. Elle ne signifie rien en tant que tel. Il est important de la déconstruire. Les villes s'enorgueillissent d'appliquer la fameuse loi SRU (relative à la solidarité et au renouvellement urbains) de 2000 qui obligent à 20_% de logements sociaux sur le territoire communal et 25_% depuis la loi Duflot du 18 janvier 2013. Mais que se cache-t-il derrière cette obligation_?
     Simplifier le monde du HLM en quelques lignes n'est pas simple. Mon propos sera nécessairement réducteur, je prends le risque_! Le terme HLM est constitué de 4 grandes sous-catégories_: le PLAI (prêt locatif aidé d'intégration), le PLUS (prêt locatif à usage social), le PLS (prêt locatif social) et le PLI (prêt locatif intermédiaire). Les plafonds de ressources maximales pour bénéficier de ces différentes catégories sont croissants.
    Prenons l'exemple parisien pour illustrer le propos. Pour un couple sans enfant à charge voici les plafonds (revenus fiscaux de référence pour l'année) qu'il ne faut pas dépasser pour accéder à chaque typologie de logement_:

20 643 € pour le PLAI
34 403 € pour le PLUS
44 724 € pour le PLS
61 925 € pour le PLI
Source_: site de la mairie de Paris

Calculons ensemble les ressources mensuelles auxquelles cela fait référence_:

    1720 euros mensuel par couple pour le PLAI, 2886 euros mensuel par couple pour le PLUS, 3727 euros mensuel par couple pour le PLS et enfin 5660 euros mensuel par couple pour le PLI. Les logements PLI ne sont comptabilisés ni dans la loi SRU, ni dans la loi Duflot.
    Ainsi, pour accéder à un logements PLS (la plus haute catégorie de logement social comptabilisée dans les 25_% de logement social obligatoire), il faut que le couple ait un salaire mensuel inférieur à 3727 € soit en moyenne, 1863 € par personne et par mois.... Fichtre, la grande pauvreté pointe le bout du nez_!
    Les PLAI et les PLUS sont les logements les moins construits. Priorité au PLS. Ainsi, si on garde notre exemple, la ville de Paris peut «_faire du social_» en logeant des couples sans enfants gagnant moins de 3727 euros mensuel...
    Des estimations de l'INSEE relèvent que 72_% des ménages parisiens peuvent accéder aux logements de type PLS (soit 720 000 ménages à Paris) et que seulement 16_% des parisien-nes ne peuvent accéder à aucun type de logement social, soit 84_% des parisiens qui entrent dans les plafonds.  En somme, les HLM servent à loger... tout le monde_!
    Et c'est bien le problème, tout le monde peut s'y loger sauf les précaires. Ainsi, à Paris entre 2001 et 2004 seuls 15_% des logements construits sont des PLAI.
Les communes, sous l'appellation «_logement social_» construisent des logements qui ne sont pas destinés au plus précaires. Suivant cette logique, de nombreux ménages pauvres se retrouvent surclassés dans des catégories de logements plus chers, qu'ils ne peuvent pas nécessairement payer.
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MessageSujet: de la discrimination dans les transports franciliens    Lun 14 Avr 2014 - 8:27

De la discrimination dans les transports franciliens

C’est l’une des discriminations les plus visibles de la capitale sur ses banlieues (et le principal point commun entre les banlieusard-es)_: la plupart des parisien-nes font la gueule à partir de 4 minutes d’attente, alors que les banlieusard-es sont jouasses dès que ce temps passe en dessous de 10 minutes.
 D'un point de vue parisien, les transports en commun sont bien faits_: les seuls transports ferrés (métro + RER) forment un maillage dense et, si un endroit est zappé, les bus ou tramways s’en chargent. Pour se déplacer les week-ends et jours fériés, pas de problème_! Sauf pour les RER, la fréquence reste la même. Depuis Paris, c'est également facile de se rendre à peu près partout en banlieues, les transports franciliens formant une étoile dont Paris est le centre. La nuit, ça devient plus calme, mais l’étoile que forment les Noctiliens est aussi cassée dans Paris par les très fréquents bus N01 et N02, qui parcourent l'ancienne enceinte de Louis XIII. De plus, les vendredis, samedis et veilles de fête, le service des métros est prolongé d’une heure.
Dès qu’on vient de l'autre côté du périph, ça se complique.
 Certes, quand on taffe en journée à Paname, pas de problème_! Des lignes viennent de toute l’Île-de-France et leurs fréquences de desserte restent respectables. Encore que. La configuration étoilée du réseau fait que beaucoup de lignes ont des fourches en banlieue, ce qui divise physiquement par deux la fréquence des trains sur chacune des fourches par rapport à la capitale. De plus, les zones industrielles sont moyennement desservies, même si les horaires des entrepôts et usines sont parfois synchronisées avec celles des transports Franciliens. Tout cela dans des conditions d'entassement rude, dont les «_Longs trajets_» sont les premiers-ères à souffrir1.
 Mais quant il s’agit de faire autre chose que d’acheminer la main d’œuvre pour les employeur-euses, y a plus personne. À l’exception de quelques centres commerciaux et autres spécificités touristiques (parcs d'attractions ou aéroports), les grosses tronches qu'ont organisé le réseau n'ont apparemment pas estimé que les banlieusard-es aient besoin de sortir de chez eux-elles à part pour taffer. Les week-ends, les fréquences sont divisées au moins par deux (avec en plus des trains plus petits) et la nuit et les jours fériés, les transports sont quasi inexistants. Seule exception notable_: les veilles de certaines fêtes, des lignes fonctionnent toute la nuit. Mais elles circulent uniquement de Paris vers les banlieues pour éviter qu'on ne vienne ni reste trop tard.
 Comme si ça ne suffisait pas, la politique tarifaire du STIF2 est de faire payer l'usager-ère en fonction de ce que ça lui coûte_: le réseau est divisé en zone et le prix du billet dépend du nombre de zones traversées. Paris est la zone 1, les quatre autres zones font des cercles concentriques autour. Vous l'avez compris, avec ce système, plus on vit loin, moins on a de transports par contre plus on paye cher. Car évidemment, les parisien-nes ont beaucoup moins le besoin de sortir de la capitale que les banlieusard-es d'y venir, même pour les plus éloigné-es. C'est illustré par le Ticket t+ qui permet de se déplacer comme on veut dans Paris, mais ne marche pas dans les RER hors de la capitale et dans les trains des banlieues. De plus, même quand on veut aller d'une banlieue à une autre, on est généralement obligé de passer par Paris (donc par la zone 1), ce qui multiplie le tarif du trajet.
Que faire face à tant d'inégalité_?
 Les transports régionaux sont des lignes peu ou pas rentables d'un point de vue financier. Les revendiquer comme un service public gratuit dû à la population permettrait de les maintenir, la SNCF faisant tout son possible pour en fermer un maximum afin de réduire ses coûts. Cela est particulièrement visible «_en région_», où seules les lignes entre les métropoles continuent à être développées, quand ce n'est pas exploitées. Les villes de moindres importances subissent le même traitement que celles des banlieues_: pour aller de l'une à l'autre, il faut passer par une métropole. La différence étant qu'en région, les lignes entre «_petites_» villes servent beaucoup moins à acheminer de la main d’œuvre que celles des banlieues, elles peuvent donc être fermées sans impact majeur sur l'économie.
 D'un point de vue plus franciliano-centré, quand on potasse les comptes du STIF, on s’aperçoit que les employeurs-euses en financent à peine la moitié3. Vu que les transports des banlieues sont prévus pour acheminer notre bidoche dans les zones industrielles, cette mesure est insuffisante. Dans ces conditions, il est tout à fait légitime de revendiquer que les employeur-euses prennent en charge seul-es la totalité des dépenses des transports en communs franciliens hors de Paris.
 En outre, les francilien-ennes sont moins dociles qu'on pourrait le croire face à ces discriminations. En témoigne la fraude généralisée en Île-de-France, qui bénéficie de la complaisance des autres usager-ères. Ces actes de résistances individuels prennent même parfois une forme collective. Outre les cas ponctuels où des usager-ères empêchent les contrôleur-euses de rentrer dans un transport blindé, certain-es fraudeur-euses s'organisent dans des mutuelles4, qui regroupent quelques personnes cotisant dans une caisse commune qui sert à rembourser les amendes. Comme on a le droit de se faire payer ses amendes par un-e tiers, cette pratique n'est pas illégale.
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MessageSujet: ils nous prennent pour des cons    Lun 14 Avr 2014 - 8:28

Ils nous prennent pour des cons


Le discours, la manière dont on parle, reflètent beaucoup la position dans laquelle on se pose par rapport à la personne à qui on s’adresse.
On ne parle pas de la même manière à son cousin, à ses collègues de travail, à un enfant, à un supérieur, à un vieux, etc. Le ton qui est employé change, si on est énervé-e, condescendant-e, si on est déconsidéré-e, mal à l’aise, respectueu-se-x. Il y a aussi l'attitude : le corps parle, les yeux... On peut d'un mouvement montrer qu'on a peur, qu'on méprise quelqu'un-e, qu'on se méfie. On décèle, en fait, assez naturellement tous ces codes, ça nous permet de nous positionner face à nos interlocuteurs ou interlocutrices et de réagir en fonction.
On remarque donc assez rapidement quand certaines réactions, qui dévoilent ici un ensemble de préjugés,  visent des groupes de personnes bien spécifiques. Des codes, encore une fois, font qu'on est catalogué-e comme venant des quartiers populaires, ça se voit, ça se ressent. Dès que les gens comprennent que vous vivez, étudiez, travaillez, avez grandi en «_banlieue_», s'affiche alors immédiatement une forme ou de mépris direct ou une forme de sollicitude qui correspondrait à une tape sur l'épaule comme pour dire «_ça va aller_» ou «_tu vas t'en sortir_». La plupart du temps les personnes affichent leur mépris par des signes de crainte, de peur ou de désapprobation (le fameux non de la tête, les lèvres pincées). J'ai observé plusieurs fois la manière dont certaines personnes changeaient de registre ou changeaient leur manière de parler en s'adressant à des lascard-e-s par exemple. D'un coup, on limite le nombre de mots, choisit des mots simples comme quand on s'adresse à des enfants, et pire, comme avec des animaux, on cherche à ne pas réveiller la bête, on évite de faire des gestes trop brusques, un mauvais signe pourrait être mal interprété, faudrait pas jouer avec le feu.  Il y a aussi la mine surprise de professeur-e-s d'université qui découvrent les «_banlieusards_» qui jouent aux échecs dans le fond d'un bar près de la fac, c'est fou comme ils développent des formes d'intelligence pratique ces petits jeunes._
Je pense aussi au métro, la ligne 13 par exemple, au moment où la bourgeoise debout écarte les narines, crispée, en reluquant le loulou en survet' assis qui d'un coup se lève, se dirige vers elle pour lui laisser son siège, elle trop occupée à serrer son sac-à-main contre elle, ne comprend même pas et regarde ailleurs... le type regarde autour de lui, son regard croise celui d'une vieille qui observait la situation, complices il et elle se marrent tous les deux, elle lui fait signe des yeux et des sourcils de laisser tomber, que ça n'a pas d'importance. Il reste debout, laisse le siège vacant, il sourit en coin et souffle en pensant «_ils nous prennent vraiment pour des cons_».
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