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 [ARTICLE] Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires ? 7 271 + 1 412

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(ra)Dijon

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MessageSujet: [ARTICLE] Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires ? 7 271 + 1 412   Ven 10 Juil 2015 - 13:10

Voilà une version "beta", j'la retravaille actuelment.




La trajectoire sociale historique des migrant-e-s Antillais-e-s
orchestrée par la République française

 
            La République française a orchestré une forte migration des populations antillaises vers la métropole à partir des années 1950 – 1960.  Dans un contexte économique prospère, cela répondait en partie aux besoins en main-d’œuvre, notamment dans les administrations publiques. Ainsi est créé le BUMIDOM (Bureau pour les Migrations Intéressant les Départements d'Outre-Mer), qui organise pendant vingt ans l’arrivée en métropole de nouv-elles-eaux posti-ers-ères, douani-ères-ers, agent-e-s RATP, aides-soignant-e-s…  Aimé Césaire a qualifié de « génocide par substitution », l'émigration massive de la population noire destinée à des postes peu qualifié, conjuguée avec l'immigration blanche des fonctionnaires venant de métropole pour occuper des postes d’encadrements. Cette institution a disparu aujourd'hui mais les conséquences de son action sont encore visibles.
 
L'immigration antillaise entre 1950 et 1980
 
            Après-guerre, c'est dans un contexte de difficulté économique et politique en Outre-Mer que prend naissance la politique française de l'immigration antillaise. Pendant la décolonisation et la crise de l'économie de plantation qui s'en est suivie, les territoires d'Outre-Mer sont sujets à des mobilisations de populations sans emploi et en colère. Dans les années 1950-1960, dans un contexte polémique autour de la départementalisation des territoires d'Outre-Mer, on souligne la montée des mouvements indépendantistes en Martinique et en Guadeloupe. Ces mouvements atteignent leur paroxysme dans les émeutes de décembre 1959 à Fort-de-France, et de 1967 en Guadeloupe. Celles-ci forcent la métropole à réagir. Les instances locales sont donc chargées d'accélérer le processus de départementalisation « adaptée ».
            On commence ainsi à organiser les prémisses d'une politique d'émigration massive des actifs non-employés vers des postes peu qualifiés de la fonction publique qui, au même moment, est en plein développement. Ces postes, « auxquels la main-d’œuvre étrangère ne [peut] prétendre » sont réservés aux « nationaux de couleurs » que constituent les migrant-e-s antillais-es. Le mouvement d'émigration est facilité par le développement vicieux d'une vision de la France « splendide » qui est véhiculé dans l'imaginaire local. Dans une situation sociale à rebours du modèle métropolitain, l'émigration est présentée comme un ascenseur social incontestable. Ainsi, le discours public met l'accent sur l'émigration, envisagée comme « la condition primordiale de la réalisation des objectifs du plan [de départementalisation] ». Cependant, l'émigration fait office de « fonction de régulation politique » de la France sur ses anciennes colonies d'Outre-Mer, avec pour but d'« entraîner au loin les masses potentiellement « manipulables » et contraindre à l'exil les adversaires avérés du pouvoir établi ». Dans les années 1960, les mouvements indépendantistes se radicalisent, mais le pouvoir conserve la même politique, tout juste adoucie par une extension des prestations sociales. Mais cet accès aux prestations sociales reste « sélectif et pénalisant » par rapport au marché du travail local, auquel il n'est de toute façon pas adapté.
            Dans les années 70 les besoins en main-d’œuvre de la métropole se tarissent. On assiste alors à une diminution de l'émigration « organisée » tandis que l'émigration « spontanée » prend de l'ampleur. À partir des années 80, l'arrivée au pouvoir des socialistes marque un changement dans la politique d'émigration. Celle-ci cesse d'être le mot d'ordre du gouvernement qui réajuste son discours pour en faire « un choix libre et non une carte forcée ». L'émigration cesse d'être un instrument de politique migratoire avec en 1982 la suppression du BUMIDOM, remplacé par l'ANT (agence nationale pour la création et la promotion des travailleurs d'Outre-Mer). Par contre, le SMIC reste inférieur de 20% par rapport à la métropole.
 
De quelques conséquences de cette politique
 
Les témoignages qui ont été recueillis plus tard ont montré comment cette émigration a été douloureuse et aveugle. La plupart des travailleurs-euses étaient l'objet de déclassement professionnel et social : celle qui était institutrice devenait en métropole femme de ménage. Le départ se faisait dans une double injonction contradictoire : on avait la chance de partir mais c'était aussi une honte, une sorte de trahison. Une ancienne employée de l'agence témoigne : « il ne fallait pas parler du BUMIDOM, parce que c'était mal vu ». On camouflait les départs sous des prétextes touristiques, et les retours étaient accueillis dans un mélange de jalousie et d'amertume. En effet, à partir des années 70 s'effectue une prise de conscience des populations antillaises sur les véritables conséquences des politiques migratoires.
C'est dans les années 1980, qu'on commence à se rendre compte des effets de l'émigration sur la population antillaise migrante. On parle de « crise d'identification » pour désigner les problèmes d'insertion sociale et de discrimination raciale que les populations subissent. Des comités nationaux d'accueil sont mis en place, et on développe une aide aux regroupements familiaux (prêts d'implantation, aide dans la recherche du logement). Cependant, ces mesures « trop tardives et trop timides » ne garantissent qu'un « accès effectif aux droits ouverts par la citoyenneté française et n'ont pas suffi à améliorer la situation globale de la communauté antillaise en métropole ». On parle de « négropolitains » pour désigner ces populations de françai-s-es racisé-e-s.
Dans les années 1990, l'émigration se tarie, sauf pour les femmes qui restent largement discriminées dans l'accès à l'emploi en Outre-Mer et même semble-t-il davantage qu'en métropole. Selon l'INSEE (institut national des statistiques et des études économiques) aujourd'hui, la moitié des natives des DOM qui travaillent sont salariées de l’État, d’une collectivité publique ou de la fonction publique hospitalière, alors que les hommes sont dans les secteurs des transports, de la logistique ou du bâtiment (39 % des Antillais qui ont un emploi en métropole sont ouvriers). Elles sont plus nombreuses que les hommes à être titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au baccalauréat, ce qui leur permet d’accéder aux emplois de la fonction publique. Elles sont le plus souvent aides-soignantes, infirmières et agentes d’entretien des hôpitaux, ou agentes administratives de catégorie B et C de l’administration.
 
            Face aux montées de revendications indépendantistes, la métropole a donc réagit en organisant une déportation semi forcée. Cela lui permit de suggérer à ces personnes qu’elle avait déracinées une nouvelle identité, Française, qui renforçait l’état nation. À cet égard, il est intéressant de noter que, malgré une présence incontestable des populations antillaises dans certains emplois de la fonction publique, la plupart des enquêtes sociologiques réalisées dans ces domaines n'en font jamais mention. La République se réfugie derrière la prétendue unité du peuple français pour cacher la déportation et l’assimilation forcée des populations antillaises, comme de tant d’autre.
 
Cadre 1
La politique migratoire française aux Antilles grâce au BUMIDOM (l'instance chargée de la mise en œuvre de cette politique).
 
 Créé en 1963, le BUMIDOM est une société d'État dotée de la personnalité civile et de l'autonomie financière, qui est placée sous la double tutelle du Ministère des DOM/TOM et du Ministère de l'Économie et des Finances. Alors que ses missions sont l'information, la formation et l'accompagnement des personnes migrantes vers la métropole, on constate que la politique publique du BUMIDOM s'articulait au discours démagogue pour diffuser une vision idéaliste de la France, vue comme une terre d'accueil et de réussite qui provoquait le « désir de se penser français à part entière et de proclamer sa nationalité comme un signe de fierté et de dignité ». En réalité, il apparaît clair maintenant que le BUMIDOM a surtout fonctionné comme « une agence de transport et, en partie, de placement d'une main-d’œuvre, attirée par la perspective d'une rapide intégration et gratifiante insertion professionnelle, en négligeant délibérément de lui dispenser des formations qualifiantes ». Par le biais du BUMIDOM, les migrant-e-s antillais-es étaient dirigé-e-s massivement vers « des emplois subalternes d'employé-e-s, d'ouvriers-ères ou de personnel de service (notamment dans les services de l'Assistance Publique) », pour ceux et celles qui arrivaient à trouver et à garder un travail.
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Minh



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MessageSujet: Re: [ARTICLE] Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires ? 7 271 + 1 412   Sam 11 Juil 2015 - 14:36

Est-ce que c'est la même version qu'ici ? http://journaldesradis.latchatche.net/t228-version-a-travailler-du-texte-de-loise
Avec l'encart en plus ?

Je remets ici les annotations faites dans l'autre parution dans le forum :


- dans le 3ème paragraphe, on ne sait pas la provenance des citations entre guillemets.
- qui parle de "négro-politains" ? qui est le "on" ?
- au dernier paragraphe, quelles seraient l'apport de faire des statistiques "ethniques" dans la sociologie du travail par exemple ?
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Radinouk

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MessageSujet: Re: [ARTICLE] Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires ? 7 271 + 1 412   Mer 15 Juil 2015 - 11:06

Non y a un soucis c'est pas la dernière version du tout.
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Minh



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MessageSujet: Re: [ARTICLE] Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires ? 7 271 + 1 412   Mer 15 Juil 2015 - 11:08

Yep. C'est pas le titre définitif non plus "Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires?"
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Radinouk

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MessageSujet: Re: [ARTICLE] Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires ? 7 271 + 1 412   Mer 15 Juil 2015 - 11:15

voici la dernière version que j'ai. Pour "négropolitain", Nico devait demander à Loise. 
Le reste ça n'y est plus normalement. 


La trajectoire sociale historique des migrant-e-s Antillais-e-s
orchestrée par la République coloniale française


La République française a orchestré une forte migration des populations antillaises vers la métropole à partir des années 1950 – 1960. Dans un contexte économique prospère, cela répondait en partie aux besoins en main-d’œuvre, notamment dans les administrations publiques. Ainsi est créé le BUMIDOM (Bureau pour les Migrations Intéressant les Départements d'Outre-Mer), qui organise pendant vingt ans l’arrivée en métropole de nouv-elles-eaux posti-ers-ères, douani-ères-ers, agent-e-s RATP, aides-soignant-e-s… Aimé Césaire a qualifié de « génocide par substitution », l'émigration massive de la population noire destinée à des postes peu qualifiés, conjuguée avec l'immigration blanche des fonctionnaires venant de métropole pour occuper des postes d’encadrement. Cette institution a disparu aujourd'hui mais les conséquences de son action sont encore visibles.
L'immigration antillaise entre 1950 et 1980
Après-guerre, c'est dans un contexte de difficulté économique et politique en Outre-Mer que prend naissance la politique française de l'immigration antillaise. Pendant la décolonisation et la crise de l'économie de plantation qui s'en est suivie, les territoires d'Outre-Mer sont sujets à des mobilisations de populations sans emploi et en colère. Dans les années 1950-1960, dans un contexte polémique autour de la départementalisation des territoires d'Outre-Mer, on souligne la montée des mouvements indépendantistes en Martinique et en Guadeloupe. Ces mouvements atteignent leur paroxysme dans les émeutes de décembre 1959 à Fort-de-France, et de 1967 en Guadeloupe. Celles-ci forcent la métropole à réagir. Les instances locales sont donc chargées d'accélérer le processus de départementalisation « adaptée ».
On commence ainsi à organiser les prémisses d'une politique d'émigration massive des actifs non-employés vers des postes peu qualifiés de la fonction publique qui, au même moment, est en plein développement. Ces postes, « auxquels la main-d’œuvre étrangère ne [peut] prétendre » sont réservés aux « nationaux de couleurs » que constituent les migrant-e-s antillais-es. Le mouvement d'émigration est facilité par le développement vicieux d'une vision de la France « splendide » qui est véhiculé dans l'imaginaire local. Dans une situation sociale à rebours du modèle métropolitain, l'émigration est présentée comme un ascenseur social incontestable.
En réalité, l'émigration fait office de « fonction de régulation politique » de la France sur ses anciennes colonies d'Outre-Mer, avec pour but d'« entraîner au loin les masses potentiellement « manipulables » et contraindre à l'exil les adversaires avérés du pouvoir établi ». Dans les années 1960, les mouvements indépendantistes se radicalisent, mais le pouvoir conserve la même politique, tout juste adoucie par une extension des prestations sociales. Mais cet accès aux prestations sociales reste « sélectif et pénalisant » par rapport au marché du travail local, auquel il n'est de toute façon pas adapté.
Dans les années 70 les besoins en main-d’œuvre de la métropole se tarissent. On assiste alors à une diminution de l'émigration « organisée ». À partir des années 80, l'arrivée au pouvoir des socialistes marque un changement dans la politique d'émigration. Celle-ci cesse d'être le mot d'ordre du gouvernement qui réajuste son discours pour en faire « un choix libre et non une carte forcée ». L'émigration cesse d'être un instrument de politique migratoire avec en 1982 la suppression du BUMIDOM, remplacé par l'ANT (agence nationale pour la création et la promotion des travailleurs d'Outre-Mer). Par contre, le SMIC reste inférieur de 20% par rapport à la métropole.
De quelques conséquences de cette politique
Les témoignages qui ont été recueillis plus tard ont montré comment cette émigration a été douloureuse et aveugle. La plupart des travailleurs-euses étaient l'objet de déclassement professionnel et social : celle qui était institutrice devenait en métropole femme de ménage. Le départ se faisait dans une double injonction contradictoire : on avait la chance de partir mais c'était aussi une honte, une sorte de trahison. Une ancienne employée de l'agence témoigne : « il ne fallait pas parler du BUMIDOM, parce que c'était mal vu ». On camouflait les départs sous des prétextes touristiques, et les retours étaient accueillis dans un mélange de jalousie et d'amertume. En effet, à partir des années 70 s'effectue une prise de conscience des populations antillaises sur les véritables conséquences des politiques migratoires.
C'est dans les années 1980 qu'on commence à se rendre compte des effets de l'émigration sur la population antillaise migrante.On parle de « crise d'identification » pour désigner les problèmes d'insertion sociale et de discrimination raciale que les populations subissent. Des comités nationaux d'accueil sont mis en place, et on développe une aide aux regroupements familiaux (prêts d'implantation, aide dans la recherche du logement). Cependant, ces mesures « trop tardives et trop timides » ne garantissent qu'un « accès effectif aux droits ouverts par la citoyenneté française et n'ont pas suffi à améliorer la situation globale de la communauté antillaise en métropole ». On parle de « négropolitains » pour désigner ces populations de françai-s-es racisé-e-s.
Dans les années 90, les personnes qui émigrent encore sont essentiellement des femmes, car elles sont davantage discriminées dans l'accès à l'emploi en Outre-Mer qu'en métropole. Selon l'INSEE (institut national des statistiques et des études économiques) aujourd'hui, la moitié des Antillaises qui travaillent sont salariées de l’État, d’une collectivité publique ou de la fonction publique hospitalière, alors que les hommes sont dans les secteurs des transports, de la logistique ou du bâtiment (39 % des Antillais qui ont un emploi en métropole sont ouvriers). Elles sont plus nombreuses que les hommes à être titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au baccalauréat, ce qui leur permet d’accéder aux emplois de la fonction publique. Elles sont le plus souvent aides-soignantes, infirmières et agentes d’entretien des hôpitaux, ou agentes administratives de catégorie B et C de l’administration.
Face aux montées de revendications indépendantistes, la métropole a donc réagit en organisant un déracinement des populations antillaises. Cela lui permit de suggérer à ces personnes qu’elle avait déracinées une nouvelle exclusive identité, Française, qui renforçait l’état nation. À cet égard, il est intéressant de noter que, malgré une présence incontestable des populations antillaises dans certains emplois de la fonction publique. La République se réfugie derrière la prétendue unité de la nation française pour cacher l’assimilation forcée des populations antillaises, comme de tant d’autre.
Cadre 1
La politique migratoire française aux Antilles grâce au BUMIDOM (l'instance chargée de la mise en œuvre de cette politique).

 Créé en 1963, le BUMIDOM est une société d'État dotée de la personnalité civile et de l'autonomie financière, qui est placée sous la double tutelle du Ministère des DOM/TOM et du Ministère de l'Économie et des Finances. Alors que ses missions sont l'information, la formation et l'accompagnement des personnes migrantes vers la métropole, on constate que la politique publique du BUMIDOM s'articulait au discours démagogue pour diffuser une vision idéaliste de la France, vue comme une terre d'accueil et de réussite qui provoquait le « désir de se penser français-e à part entière et de proclamer sa nationalité comme un signe de fierté et de dignité ». En réalité, il apparaît clair maintenant que le BUMIDOM a surtout fonctionné comme « une agence de transport et, en partie, de placement d'une main-d’œuvre, attirée par la perspective d'une intégration rapide, en négligeant délibérément de lui dispenser des formations qualifiantes ». Par le biais du BUMIDOM, les migrant-e-s antillais-es étaient dirigé-e-s massivement vers « des emplois subalternes d'employé-e-s, d'ouvriers-ères ou de personnel de service (notamment dans les services de l'Assistance Publique) », pour ceux et celles qui arrivaient à trouver et à garder un travail.
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Minh



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MessageSujet: Re: [ARTICLE] Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires ? 7 271 + 1 412   Mer 15 Juil 2015 - 17:25

[...] Ces postes, « auxquels la main-d’œuvre étrangère ne [peut] prétendre » sont réservés aux « nationaux de couleurs » que constituent les migrant-e-s antillais-es. [...]


Tout ce qui est entre guillemets, c'est l'analyse de Constant ou bien une communication du BUMIDOM ?


[...] Celle-ci cesse d'être le mot d'ordre du gouvernement qui réajuste son discours pour en faire « un choix libre et non une carte forcée ». [...]



Ici, quelle est la source de la citation ? (je sais je suis pénible).






La trajectoire sociale historique des migrant-e-s Antillais-e-s
orchestrée par la République coloniale française


La République française a orchestré une forte migration des populations antillaises vers la métropole à partir des années 1950 – 1960. Dans un contexte économique prospère, cela répondait en partie aux besoins en main-d’œuvre, notamment dans les administrations publiques. Ainsi est créé le BUMIDOM (Bureau pour les Migrations Intéressant les Départements d'Outre-Mer), qui organise pendant vingt ans l’arrivée en métropole de nouv-elles-eaux posti-ers-ères, douani-ères-ers, agent-e-s RATP, aides-soignant-e-s… Aimé Césaire a qualifié de « génocide par substitution », l'émigration massive de la population noire destinée à des postes peu qualifiés, conjuguée avec l'immigration blanche des fonctionnaires venant de métropole pour occuper des postes d’encadrement. Cette institution a disparu aujourd'hui mais les conséquences de son action sont encore visibles.
L'immigration antillaise entre 1950 et 1980
Après-guerre, c'est dans un contexte de difficulté économique et politique en Outre-Mer que prend naissance la politique française de l'immigration antillaise. Pendant la décolonisation et la crise de l'économie de plantation qui s'en est suivie, les territoires d'Outre-Mer sont sujets à des mobilisations de populations sans emploi et en colère. Dans les années 1950-1960, dans un contexte polémique autour de la départementalisation des territoires d'Outre-Mer, on souligne la montée des mouvements indépendantistes en Martinique et en Guadeloupe. Ces mouvements atteignent leur paroxysme dans les émeutes de décembre 1959 à Fort-de-France, et de 1967 en Guadeloupe. Celles-ci forcent la métropole à réagir. Les instances locales sont donc chargées d'accélérer le processus de départementalisation « adaptée ».
On commence ainsi à organiser les prémisses d'une politique d'émigration massive des actifs non-employés vers des postes peu qualifiés de la fonction publique qui, au même moment, est en plein développement. Ces postes, « auxquels la main-d’œuvre étrangère ne [peut] prétendre » sont réservés aux « nationaux de couleurs » que constituent les migrant-e-s antillais-es. Le mouvement d'émigration est facilité par le développement vicieux d'une vision de la France « splendide » qui est véhiculé dans l'imaginaire local. Dans une situation sociale à rebours du modèle métropolitain, l'émigration est présentée comme un ascenseur social incontestable.
En réalité, l'émigration fait office de « fonction de régulation politique » de la France sur ses anciennes colonies d'Outre-Mer, avec pour but d'« entraîner au loin les masses potentiellement « manipulables » et contraindre à l'exil les adversaires avérés du pouvoir établi ». Dans les années 1960, les mouvements indépendantistes se radicalisent, mais le pouvoir conserve la même politique, tout juste adoucie par une extension des prestations sociales. Mais cet accès aux prestations sociales reste « sélectif et pénalisant » par rapport au marché du travail local, auquel il n'est de toute façon pas adapté.
Dans les années 70 les besoins en main-d’œuvre de la métropole se tarissent. On assiste alors à une diminution de l'émigration « organisée ». À partir des années 80, l'arrivée au pouvoir des socialistes marque un changement dans la politique d'émigration. Celle-ci cesse d'être le mot d'ordre du gouvernement qui réajuste son discours pour en faire « un choix libre et non une carte forcée ». L'émigration cesse d'être un instrument de politique migratoire avec en 1982 la suppression du BUMIDOM, remplacé par l'ANT (agence nationale pour la création et la promotion des travailleurs d'Outre-Mer). Par contre, le SMIC reste inférieur de 20% par rapport à la métropole.
De quelques conséquences de cette politique
Les témoignages qui ont été recueillis plus tard ont montré comment cette émigration a été douloureuse et aveugle. La plupart des travailleurs-euses étaient l'objet de déclassement professionnel et social : celle qui était institutrice devenait en métropole femme de ménage. Le départ se faisait dans une double injonction contradictoire : on avait la chance de partir mais c'était aussi une honte, une sorte de trahison. Une ancienne employée de l'agence témoigne : « il ne fallait pas parler du BUMIDOM, parce que c'était mal vu ». On camouflait les départs sous des prétextes touristiques, et les retours étaient accueillis dans un mélange de jalousie et d'amertume. En effet, à partir des années 70 s'effectue une prise de conscience des populations antillaises sur les véritables conséquences des politiques migratoires.
C'est dans les années 1980 qu'on commence à se rendre compte des effets de l'émigration sur la population antillaise migrante.On parle de « crise d'identification » pour désigner les problèmes d'insertion sociale et de discrimination raciale que les populations subissent. Des comités nationaux d'accueil sont mis en place, et on développe une aide aux regroupements familiaux (prêts d'implantation, aide dans la recherche du logement). Cependant, ces mesures « trop tardives et trop timides » ne garantissent qu'un « accès effectif aux droits ouverts par la citoyenneté française et n'ont pas suffi à améliorer la situation globale de la communauté antillaise en métropole ». On parle de « négropolitains » pour désigner ces populations de françai-s-es racisé-e-s.
Dans les années 90, les personnes qui émigrent encore sont essentiellement des femmes, car elles sont davantage discriminées dans l'accès à l'emploi en Outre-Mer qu'en métropole. Selon l'INSEE (Institut national des statistiques et des études économiques) aujourd'hui, la moitié des Antillaises qui travaillent sont salariées de l’État, d’une collectivité publique ou de la fonction publique hospitalière, alors que les hommes sont dans les secteurs des transports, de la logistique ou du bâtiment (39 % des Antillais qui ont un emploi en métropole sont ouvriers). Elles sont plus nombreuses que les hommes à être titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au baccalauréat, ce qui leur permet d’accéder aux emplois de la fonction publique. Elles sont le plus souvent aides-soignantes, infirmières et agentes d’entretien des hôpitaux, ou agentes administratives de catégorie B et C de l’administration.
Face aux montées de revendications indépendantistes, la métropole a donc réagit en organisant un déracinement des populations antillaises. Cela lui permit de suggérer à ces personnes qu’elle avait déracinées une nouvelle exclusive identité, Française, qui renforçait l’État-nation. À cet égard, il est intéressant de noter que, malgré une présence incontestable des populations antillaises dans certains emplois de la fonction publique, la République se réfugie derrière la prétendue unité de la nation française pour cacher l’assimilation forcée des populations antillaises, comme de tant d’autre.

Cadre 1
La politique migratoire française aux Antilles grâce au BUMIDOM (l'instance chargée de la mise en œuvre de cette politique).
 Créé en 1963, le BUMIDOM est une société d'État dotée de la personnalité civile et de l'autonomie financière, qui est placée sous la double tutelle du Ministère des DOM/TOM et du Ministère de l'Économie et des Finances. Alors que ses missions sont l'information, la formation et l'accompagnement des personnes migrantes vers la métropole, on constate que la politique publique du BUMIDOM s'articulait au discours démagogue pour diffuser une vision idéaliste de la France, vue comme une terre d'accueil et de réussite qui provoquait le « désir de se penser français-e à part entière et de proclamer sa nationalité comme un signe de fierté et de dignité ». En réalité, il apparaît clair maintenant que le BUMIDOM a surtout fonctionné comme « une agence de transport et, en partie, de placement d'une main-d’œuvre, attirée par la perspective d'une intégration rapide, en négligeant délibérément de lui dispenser des formations qualifiantes ». Par le biais du BUMIDOM, les migrant-e-s antillais-es étaient dirigé-e-s massivement vers « des emplois subalternes d'employé-e-s, d'ouvriers-ères ou de personnel de service (notamment dans les services de l'Assistance Publique) », pour ceux et celles qui arrivaient à trouver et à garder un travail.
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MessageSujet: Re: [ARTICLE] Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires ? 7 271 + 1 412   Sam 18 Juil 2015 - 16:26

Je réagis tard désolé,

Non Minh tu as raison, j'ai aussi été gêné par les guillemets. Il y a en a trop à mon avis et on ne distingue pas les pincettes des citations. Et il faut effectivement la source de ces citations.
Si ce n'est pas trop tard pour enlever un certain nombre de guillemets je suis pour.


N'y a t-il pas une répétition dans le sens général entre le deuxième paragraphe après l'italique

"On commence ainsi à organiser les prémisses d'une politique d'émigration massive des actifs non-employés vers des postes peu qualifiés de la fonction publique qui, au même moment, est en plein développement. Ces postes, « auxquels la main-d’œuvre étrangère ne [peut] prétendre » sont réservés aux « nationaux de couleurs » que constituent les migrant-e-s antillais-es. Le mouvement d'émigration est facilité par le développement vicieux d'une vision de la France « splendide » qui est véhiculé dans l'imaginaire local. Dans une situation sociale à rebours du modèle métropolitain, l'émigration est présentée comme un ascenseur social incontestable".

et le dernier avant le cadre 1 ? J'ai eu la sensation que ce dernier paragraphe, bloquait dans le déroulé fluide du reste du texte. Notamment la première phrase.

"Face aux montées de revendications indépendantistes, la métropole a donc réagit en organisant un déracinement des populations antillaises. Cela lui permit de suggérer à ces personnes qu’elle avait déracinées une nouvelle exclusive identité, Française, (ici j'ai bloqué sur cette formulation, mais peut-être que ça se dit, je ne sais pas) qui renforçait l’état nation. À cet égard, il est intéressant de noter que, malgré une présence incontestable des populations antillaises dans certains emplois de la fonction publique. La République se réfugie derrière la prétendue unité de la nation française pour cacher l’assimilation forcée des populations antillaises, comme de tant d’autre".


Sinon j'ai appris plein de trucs, le texte est bien, précis, documenté. Cool.
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(ra)Dijon

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MessageSujet: retard   Dim 19 Juil 2015 - 16:28

Salut,
 en fait, vous discutez pas sur la dernière version, j'ai oublié de le mettre sur le forum après l'avoir mise dans le premier fils de fer. Donc voilà la dernière version :


La trajectoire sociale historique des migrant-e-s Antillais-e-s
orchestrée par la République coloniale française


La République française a orchestré une forte migration des populations antillaises vers la métropole à partir des années 1950 – 1960. Dans un contexte économique prospère, cela répondait en partie aux besoins en main-d’œuvre, notamment dans les administrations publiques. Ainsi est créé le BUMIDOM (Bureau pour les Migrations Intéressant les Départements d'Outre-Mer), qui organise pendant vingt ans l’arrivée en métropole de nouv-elles-eaux posti-ers-ères, douani-ères-ers, agent-e-s RATP, aides-soignant-e-s… Aimé Césaire a qualifié de « génocide par substitution », l'émigration massive de la population noire destinée à des postes peu qualifiés, conjuguée avec l'immigration blanche des fonctionnaires venant de métropole pour occuper des postes d’encadrement. Cette institution a disparu aujourd'hui mais les conséquences de son action sont encore visibles.

L'immigration antillaise entre 1950 et 1980

Après-guerre, c'est dans un contexte de difficulté économique et politique en Outre-Mer que prend naissance la politique française de l'immigration antillaise. Pendant la décolonisation et la crise de l'économie de plantation qui s'en est suivie, les territoires d'Outre-Mer sont sujets à des mobilisations de populations sans emploi et en colère. Dans les années 1950-1960, dans un contexte polémique autour de la départementalisation des territoires d'Outre-Mer, on souligne la montée des mouvements indépendantistes en Martinique et en Guadeloupe. Ces mouvements atteignent leur paroxysme dans les émeutes de décembre 1959 à Fort-de-France, et de 1967 en Guadeloupe. Celles-ci forcent la métropole à réagir. Les instances locales sont donc chargées d'accélérer le processus de départementalisation « adaptée ».
On commence ainsi à organiser les prémisses d'une politique d'émigration massive des actifs non-employés vers des postes peu qualifiés de la fonction publique qui, au même moment, est en plein développement. Ces postes, « auxquels la main-d’œuvre étrangère ne [peut] prétendre » sont réservés aux « nationaux de couleurs » que constituent les migrant-e-s antillais-es. Le mouvement d'émigration est facilité par le développement vicieux d'une vision de la France « splendide » qui est véhiculé dans l'imaginaire local. Dans une situation sociale à rebours du modèle métropolitain, l'émigration est présentée comme un ascenseur social incontestable.
En réalité, l'émigration fait office de « fonction de régulation politique » de la France sur ses anciennes colonies d'Outre-Mer, avec pour but d'« entraîner au loin les masses potentiellement « manipulables » et contraindre à l'exil les adversaires avérés du pouvoir établi ». Dans les années 1960, les mouvements indépendantistes se radicalisent, mais le pouvoir conserve la même politique, tout juste adoucie par une extension des prestations sociales. Mais cet accès aux prestations sociales reste « sélectif et pénalisant » par rapport au marché du travail local, auquel il n'est de toute façon pas adapté.
Dans les années 70 les besoins en main-d’œuvre de la métropole se tarissent. On assiste alors à une diminution de l'émigration « organisée ». À partir des années 80, l'arrivée au pouvoir des socialistes marque un changement dans la politique d'émigration. Celle-ci cesse d'être le mot d'ordre du gouvernement qui réajuste son discours pour en faire « un choix libre et non une carte forcée ». L'émigration cesse d'être un instrument de politique migratoire avec en 1982 la suppression du BUMIDOM, remplacé par l'ANT (agence nationale pour la création et la promotion des travailleurs d'Outre-Mer). Par contre, le SMIC reste inférieur de 20% par rapport à la métropole.

De quelques conséquences de cette politique

Les témoignages qui ont été recueillis plus tard ont montré comment cette émigration a été douloureuse et aveugle. La plupart des travailleurs-euses étaient l'objet de déclassement professionnel et social : celle qui était institutrice devenait en métropole femme de ménage. Le départ se faisait dans une double injonction contradictoire : on avait la chance de partir mais c'était aussi une honte, une sorte de trahison. Une ancienne employée de l'agence témoigne : « il ne fallait pas parler du BUMIDOM, parce que c'était mal vu ». On camouflait les départs sous des prétextes touristiques, et les retours étaient accueillis dans un mélange de jalousie et d'amertume. En effet, à partir des années 70 s'effectue une prise de conscience des populations antillaises sur les véritables conséquences des politiques migratoires.
C'est dans les années 1980 qu'on commence à se rendre compte des effets de l'émigration sur la population antillaise migrante. On parle de « crise d'identification » pour désigner les problèmes d'insertion sociale et de discrimination raciale que les populations subissent. Des comités nationaux d'accueil sont mis en place, et on développe une aide aux regroupements familiaux (prêts d'implantation, aide dans la recherche du logement). Cependant, ces mesures « trop tardives et trop timides » ne garantissent qu'un « accès effectif aux droits ouverts par la citoyenneté française et n'ont pas suffi à améliorer la situation globale de la communauté antillaise en métropole ». On parle de « négropolitains » pour désigner ces populations de françai-s-es racisé-e-s.
Dans les années 90, les personnes qui émigrent encore sont essentiellement des femmes, car elles sont davantage discriminées dans l'accès à l'emploi en Outre-Mer qu’en métropole. Selon l'INSEE (institut national des statistiques et des études économiques) aujourd'hui, la moitié des Antillaises qui travaillent sont salariées de l’État, d’une collectivité publique ou de la fonction publique hospitalière, alors que les hommes sont dans les secteurs des transports, de la logistique ou du bâtiment (39 % des Antillais qui ont un emploi en métropole sont ouvriers). Elles sont plus nombreuses que les hommes à être titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au baccalauréat, ce qui leur permet d’accéder aux emplois de la fonction publique. Elles sont le plus souvent aides-soignantes, infirmières et agentes d’entretien des hôpitaux, ou agentes administratives de catégorie B et C de l’administration.

Face aux montées de revendications indépendantistes, la métropole a donc réagit en organisant le déplacement / déracinement des populations antillaises. Cela lui permit de suggérer à ces personnes qu’elle avait déracinées une nouvelle identité exclusive, Française, qui renforçait l’état nation. À cet égard, il est intéressant de noter que, malgré une présence incontestable des populations antillaises dans certains emplois de la fonction publique, on en parle jamais. La République se réfugie derrière la prétendue unité de la nation française pour cacher l’assimilation forcée des populations antillaises, comme de tant d’autre.

Cadre 1
La politique migratoire française aux Antilles grâce au BUMIDOM (l'instance chargée de la mise en œuvre de cette politique).
Créé en 1963, le BUMIDOM est une société d'État dotée de la personnalité civile et de l'autonomie financière, qui est placée sous la double tutelle du Ministère des DOM/TOM et du Ministère de l'Économie et des Finances. Alors que ses missions sont l'information, la formation et l'accompagnement des personnes migrantes vers la métropole, on constate que la politique publique du BUMIDOM s'articulait au discours démagogue pour diffuser une vision idéaliste de la France, vue comme une terre d'accueil et de réussite qui provoquait le « désir de se penser français-e à part entière et de proclamer sa nationalité comme un signe de fierté et de dignité ». En réalité, il apparaît clair maintenant que le BUMIDOM a surtout fonctionné comme « une agence de transport et, en partie, de placement d'une main-d’œuvre, attirée par la perspective d'une intégration rapide, en négligeant délibérément de lui dispenser des formations qualifiantes ». Par le biais du BUMIDOM, les migrant-e-s antillais-es étaient dirigé-e-s massivement vers « des emplois subalternes d'employé-e-s, d'ouvriers-ères ou de personnel de service (notamment dans les services de l'Assistance Publique) », pour ceux et celles qui arrivaient à trouver et à garder un travail.

désolé pour l'oublie
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Radinouk

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MessageSujet: Re: [ARTICLE] Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires ? 7 271 + 1 412   Dim 19 Juil 2015 - 17:01

si c'est la même version.
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Minh



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MessageSujet: Re: [ARTICLE] Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires ? 7 271 + 1 412   Dim 19 Juil 2015 - 18:48

Je propose qu'il n'y ait qu'un seul référent par coopéradis...

Au fait, qui est le référent d'Alexis ? Est-ce qu'il lui a écrit pour donner des nouvelles ?

(J'ai publié son texte car on l'avait oublié).
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(ra)Dijon

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MessageSujet: bordel   Dim 19 Juil 2015 - 20:19

Salut,
 chui au taf et j'ai pas l'temps de m'lancer dans des grandes explications, mais voilà une version qu'on avait fait avec Anouk en discutant. J'vais bientôt proposer une version fusionnée avec la version qu'j'ai mis aujoud'hui, mais en attendant voilà :



La trajectoire sociale historique des migrant-e-s Antillais-e-s

orchestrée par la République française

 

            La République française a orchestré une forte migration des populations antillaises vers la métropole à partir des années 1950 – 1960.  Dans un contexte économique prospère, cela répondait en partie aux besoins en main-d’œuvre, notamment dans les administrations publiques. Ainsi est créé le BUMIDOM (Bureau pour les Migrations Intéressant les Départements d'Outre-Mer), qui organise pendant vingt ans l’arrivée en métropole de nouv-elles-eaux posti-ers-ères, douani-ères-ers, agent-e-s RATP, aides-soignant-e-s… Aimé Césaire a qualifié de « génocide par substitution », l'émigration massive de la population noire destinée à des postes peu qualifiés, conjuguée avec l'immigration blanche des fonctionnaires venant de métropole pour occuper des postes d’encadrements. Cette institution a disparu aujourd'hui mais les conséquences de son action sont encore visibles. À cet égard, il est intéressant de noter que, malgré une présence incontestable des populations antillaises dans certains emplois de la fonction publique, la plupart des enquêtes sociologiques réalisées dans ces domaines n'en font jamais mention. Ces populations existent bien en voici un petit d'histoire.
 

L'immigration antillaise entre 1950 et 1980
 

            Après-guerre, c'est dans un contexte de difficulté économique et politique en Outre-Mer que prend naissance la politique française de l'immigration antillaise. Pendant la décolonisation et la crise de l'économie de plantation qui s'en est suivie, les territoires d'Outre-Mer sont sujets à des mobilisations de populations sans emploi et en colère. Dans les années 1950-1960, dans un contexte polémique autour de la départementalisation des territoires d'Outre-Mer, on souligne la montée des mouvements indépendantistes en Martinique et en Guadeloupe. Ces mouvements atteignent leur paroxysme dans les émeutes de décembre 1959 à Fort-de-France (Martinique), et de 1967 en Guadeloupe. Celles-ci forcent la métropole à réagir. Les instances locales sont donc chargées d'accélérer le processus de départementalisation « adaptée ».
            On commence ainsi à organiser les prémisses d'une politique d'émigration massive des actifs non-employés vers des postes peu qualifiés de la fonction publique qui, au même moment, est en plein développement. Ces postes, « auxquels la main-d’œuvre étrangère ne [peut] prétendre » sont réservés aux « nationaux de couleurs » que constituent les migrant-e-s antillais-es. Le mouvement d'émigration est facilité par le développement vicieux d'une vision de la France « splendide » qui est véhiculée dans l'imaginaire local. Dans des sociétés antillaises où le modèle métropolitain est un mythe lointain, l'émigration est présentée comme un ascenseur social incontestable. Ainsi, le discours public met l'accent sur l'émigration, envisagée comme « la condition primordiale de la réalisation des objectifs du plan [de départementalisation] ». Cependant, l'émigration fait office de « fonction de régulation politique » de la France sur ses anciennes colonies d'Outre-Mer, avec pour but d' « entraîner au loin les masses potentiellement « manipulables » et contraindre à l'exil les adversaires avérés du pouvoir établi ». Dans les années 1960, les mouvements indépendantistes se radicalisent, mais le pouvoir conserve la même politique, tout juste adoucie par une extension des prestations sociales. Mais cet accès aux prestations sociales reste « sélectif et pénalisant » par rapport au marché du travail local, auquel elles ne sont de toute façon pas adaptées.
            Dans les années 1970, les besoins en main-d’œuvre de la métropole se tarissent. On assiste alors à une diminution de l'émigration « organisée » tandis que l'émigration « spontanée » prend de l'ampleur. À partir des années 1980, l'arrivée au pouvoir des socialistes marque un changement dans la politique d'émigration. Celle-ci cesse d'être le mot d'ordre du gouvernement qui réajuste son discours pour en faire « un choix libre et non une carte forcée ». L'émigration cesse d'être un instrument de politique migratoire avec, en 1982, la suppression du BUMIDOM, remplacé par l'ANT (agence nationale pour la création et la promotion des travailleurs d'Outre-Mer). Néanmoins le SMIC reste inférieur de 20% par rapport à la métropole.
 

De quelques conséquences de cette politique
 

Les témoignages qui ont été recueillis plus tard ont montré comment cette émigration a été douloureuse et aveugle. La plupart des travailleurs-euses était l'objet de déclassement professionnel et social : celle qui était institutrice devenait en métropole femme de ménage. Le départ se faisait dans une double injonction contradictoire : on avait la chance de partir mais c'était aussi une honte, une sorte de trahison. Une ancienne employée de l'agence témoigne : « il ne fallait pas parler du BUMIDOM, parce que c'était mal vu ». On camouflait les départs sous des prétextes touristiques, et les retours étaient accueillis dans un mélange de jalousie et d'amertume. En effet, à partir des années 1970 s'effectue une prise de conscience des populations antillaises sur les véritables conséquences des politiques migratoires.
Par contre, c'est dans les années 1980, que l'Etat commence à se rendre compte des effets de l'émigration sur la population antillaise migrante. On parle de « crise d'identification » pour désigner les problèmes d'insertion sociale et de discrimination raciale que les populations subissent. Des comités nationaux d'accueil sont mis en place, et on développe une aide aux regroupements familiaux (prêts d'implantation, aide dans la recherche du logement). Cependant, ces mesures « trop tardives et trop timides » donnent enfin accès aux droits de chaque citoyen-ne français-e mais ne suffisent pas à améliorer la situation globale de la communauté antillaise en métropole » ne garantissent qu'un « accès effectif aux droits ouverts par la citoyenneté française et n'ont pas suffi à améliorer la situation globale de la communauté antillaise en métropole ». On parle de « négropolitains » pour désigner ces populations de françai-s-es racisé-e-s.
Dans les années 1990, l'émigration se tarie, sauf pour les femmes qui restent largement discriminées dans l'accès à l'emploi en Outre-Mer et même semble-t-il davantage qu'en métropole. Selon l'INSEE (institut national des statistiques et des études économiques) aujourd'hui, la moitié des natives des DOM qui travaillent sont salariées de l’État, d’une collectivité publique ou de la fonction publique hospitalière, alors que les hommes sont dans les secteurs des transports, de la logistique ou du bâtiment (39 % des Antillais qui ont un emploi en métropole sont ouvriers). Elles sont plus nombreuses que les hommes à être titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au baccalauréat, ce qui leur permet d’accéder aux emplois de la fonction publique. Elles sont le plus souvent aides-soignantes, infirmières et agentes d’entretien des hôpitaux, ou agentes administratives de catégorie B et C de l’administration, donc encore discriminées dans la hiérarchie publique.
            En conclusion, l’État a utilisé la fonction publique pour organiser le déplacement forcé des populations antillaises. Ces hommes et femmes ont été employé-es dans la métropole pour remplir de nombres travail considérés en bas de l'échelle sociale, alors même que la puissance publique ne remplissait pas son rôle aux Antilles. L'idée des services publics a ainsi été dévoyées par l’État, qui les a utilisé comme moyen de coercition et d'assimilation. En effet, ces déplacements ont servi à tarir la montée de revendications indépendantistes et ces déracinements ont amené une large partie d'entre eux-elles à adhérer à une nouvelle identité, Gauloise-Française, le pays renforçant ainsi l’État-nation.
 

 

 

Cadre 1
 

La politique migratoire française aux Antilles grâce au BUMIDOM (l'instance chargée de la mise en œuvre de cette politique).
 

Créé en 1963, le BUMIDOM est une société d'État dotée de la personnalité civile et de l'autonomie financière, qui est placée sous la double tutelle du Ministère des DOM/TOM et du Ministère de l'Économie et des Finances. Alors que ses missions sont l'information, la formation et l'accompagnement des personnes migrantes vers la métropole, on constate que la politique publique du BUMIDOM s'articulait au discours démagogue pour diffuser une vision idéaliste de la France, vue comme une terre d'accueil et de réussite qui provoquait le « désir de se penser français à part entière et de proclamer sa nationalité comme un signe de fierté et de dignité ». En réalité, il apparaît clair maintenant que le BUMIDOM a surtout fonctionné comme « une agence de transport et, en partie, de placement d'une main-d’œuvre, attirée par la perspective d'une rapide intégration et gratifiante insertion professionnelle, en négligeant délibérément de lui dispenser des formations qualifiantes ». Par le biais du BUMIDOM, les migrant-e-s antillais-es étaient dirigé-e-s massivement vers « des emplois subalternes d'employé-e-s, d'ouvriers-ères ou de personnel de service (notamment dans les services de l'Assistance Publique) », pour ceux et celles qui arrivaient à trouver et à garder un travail.
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MessageSujet: Re: [ARTICLE] Maman, pourquoi les antillais sont fonctionnaires ? 7 271 + 1 412   Dim 26 Juil 2015 - 2:36

Non, le titre est pas super, l'énoncé est un peu gratuit et le texte n'est pas un conte de fée ou pour enfant qu'on raconterait à ses enfants... surtout qu'à aucun moment, on ne parle de la relation de la narratrice à son enfant. Donc c'est gratuit. Et puis on n'a pas besoin d'être enfant pour être ignorant et tous les enfants ne sont pas forcément ignorants a priori. Cette figure de l'enfant ignorant ou ingénu est aussi usée que de parler de situation "kafkaïenne" concernant le texte sur le 115. Laisser Kafka en dehors de ça, le pauvre, il n'avait rien demandé. Si on peut trouver des choses neuves et un peu moins déjà vues ou attendues, c'est mieux je crois. Ça fait trop journalisme professionnel et malin qui est là pour le bon mot je pense...

À mon avis on peut conserver le titre didactique et savant ce qui va bien au reste du texte qui est dans le même ton.


Par exemple, c'est comme si on prenait le Capital et qu'on le renommait (j'invente) "Chéri, j'ai rétréci la masse salariale", ou bien La société du spectacle et qu'on le renommait "Papa, c'est quoi le concept de spectacle ?".
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MessageSujet: fin !   Jeu 27 Aoû 2015 - 14:58

Salut,
[size=16] voilà la [size=16]version définitive et au propre du texte de Loise, en carlito 11. J'y ajoute le mail qui l'accompagnait, car elle propose un pseud[size=16]o et
des références complémentaires. [size=16]Esqu'on peut [size=16]les mettre ou c'est galère et/ou pas pertinent ?

[/size][/size][/size][/size][/size]
La trajectoire sociale historique des migrant-e-s Antillais-e-s
orchestrée par la République coloniale française
 

La République française a orchestré une forte migration des populations antillaises vers la métropole à partir des années 1950 – 1960. Dans un contexte économique prospère, cela répondait en partie aux besoins en main-d’œuvre, notamment dans les administrations publiques. Ainsi est créé le BUMIDOM (Bureau pour les Migrations Intéressant les Départements d'Outre-Mer), qui organise pendant vingt ans l’arrivée en métropole de nouv-elles-eaux posti-ers-ères, douani-ères-ers, agent-e-s RATP, aides-soignant-e-s… Aimé Césaire a qualifié de « génocide par substitution », l'émigration massive de la population noire destinée à des postes peu qualifiés, conjuguée avec l'immigration blanche des fonctionnaires venant de métropole pour occuper des postes d’encadrement. Cette institution a disparu aujourd'hui mais les conséquences de son action sont encore visibles. À cet égard, il est intéressant de noter que, malgré une présence incontestable des populations antillaises dans certains emplois de la fonction publique, la plupart des enquêtes sociologiques réalisées dans ces domaines n'en font jamais mention. Ces populations existent bien en voici une petite d'histoire.

 

L'immigration antillaise entre 1950 et 1980

 

Après-guerre, c'est dans un contexte de difficulté économique et politique en Outre-Mer que prend naissance la politique française de l'immigration antillaise. Pendant la décolonisation et la crise de l'économie de plantation qui s'en est suivie, les territoires d'Outre-Mer sont sujets à des mobilisations de populations sans emploi et en colère. Dans les années 1950-1960, dans un contexte polémique autour de la départementalisation des territoires d'Outre-Mer, on souligne la montée des mouvements indépendantistes en Martinique et en Guadeloupe. Ces mouvements atteignent leur paroxysme dans les émeutes de décembre 1959 à Fort-de-France, et de 1967 en Guadeloupe. Celles-ci forcent la métropole à réagir. Les instances locales sont donc chargées d'accélérer le processus de départementalisation « adaptée ».

On commence ainsi à organiser les prémisses d'une politique d'émigration massive des actif-ve-s non-employé-e-s vers des postes peu qualifiés de la fonction publique qui, au même moment, est en plein développement. Ces postes, « auxquels la main-d’œuvre étrangère ne [peut] prétendre » (1), sont réservés aux « nationaux de couleurs » que constituent les migrant-e-s antillais-es. Le mouvement d'émigration est facilité par le développement vicieux d'une vision de la France « splendide » qui est véhiculé dans l'imaginaire local. Dans des sociétés antillaises où le modèle métropolitain est un mythe lointain, l'émigration est présentée comme un ascenseur social incontestable par le gouvernement.

En réalité, comme le fait remarquer, l'émigration fait office de « fonction de régulation politique » de la France sur ses anciennes colonies d'Outre-Mer, avec pour but d'« entraîner au loin les masses potentiellement « manipulables » et contraindre à l'exil les adversaires avérés du pouvoir établi » (1). Dans les années 1960, les mouvements indépendantistes se radicalisent, mais le pouvoir conserve la même politique, tout juste adoucie par une extension des prestations sociales. Mais cet accès aux prestations sociales reste sélectif et pénalisant par rapport au marché du travail local, auquel il n'est de toute façon pas adapté.

Dans les années 70 les besoins en main-d’œuvre de la métropole se tarissent. On assiste alors à une diminution de l'émigration « organisée » (1). À partir des années 80, l'arrivée au pouvoir des socialistes marque un changement dans la politique d'émigration. Celle-ci cesse d'être le mot d'ordre du gouvernement qui réajuste son discours pour en faire « un choix libre et non une carte forcée » (1). L'émigration cesse d'être un instrument de politique migratoire avec en 1982 la suppression du BUMIDOM, remplacé par l'ANT (agence nationale pour la création et la promotion des travailleurs d'Outre-Mer). Néanmoins, le SMIC reste inférieur de 20% par rapport à la métropole.

 

De quelques conséquences de cette politique

 

Les témoignages qui ont été recueillis plus tard ont montré comment cette émigration a été douloureuse et aveugle. La plupart des travailleurs-euses étaient l'objet de déclassement professionnel et social : celle qui était institutrice devenait en métropole femme de ménage. Le départ se faisait dans une double injonction contradictoire : on avait la chance de partir mais c'était aussi une honte, une sorte de trahison. Une ancienne employée de l'agence témoigne : « il ne fallait pas parler du BUMIDOM, parce que c'était mal vu » (2). On camouflait les départs sous des prétextes touristiques, et les retours étaient accueillis dans un mélange de jalousie et d'amertume. En effet, à partir des années 70 s'effectue une prise de conscience des populations antillaises sur les véritables conséquences des politiques migratoires.

C'est dans les années 1980 que l’État commence à se rendre compte des effets de l'émigration sur la population antillaise migrante. Le sociologue Claude-Valentin Marie  parle de « crise d'identification » pour désigner les problèmes d'insertion sociale et de discrimination raciale que les populations subissent. Des comités nationaux d'accueil sont mis en place, et on développe une aide aux regroupements familiaux (prêts d'implantation, aide dans la recherche du logement). Cependant, ces mesures, trop tardives et trop timides donnent enfin accès aux droits de chaque citoyen-ne français-e mais ne suffisent pas à améliorer la situation globale de la communauté antillaise en métropole.

Dans les années 90, les personnes qui émigrent encore sont essentiellement des femmes, car elles sont davantage discriminées dans l'accès à l'emploi en Outre-Mer qu'en métropole. Selon l'INSEE (institut national des statistiques et des études économiques) aujourd'hui, la moitié des Antillaises qui travaillent sont salariées de l’État, d’une collectivité publique ou de la fonction publique hospitalière, alors que les hommes sont dans les secteurs des transports, de la logistique ou du bâtiment (39 % des Antillais qui ont un emploi en métropole sont ouvriers). Elles sont plus nombreuses que les hommes à être titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au baccalauréat, ce qui leur permet d’accéder aux emplois de la fonction publique. Elles sont le plus souvent aides-soignantes, infirmières et agentes d’entretien des hôpitaux, ou agentes administratives de catégorie B et C de l’administration, donc encore discriminées dans la hiérarchie publique.

 

En conclusion, l’État a utilisé la fonction publique pour organiser le déplacement forcé des populations antillaises. Ces hommes et femmes ont été employé-es dans la métropole pour remplir de nombres travail considérés en bas de l'échelle sociale, alors même que la puissance publique ne remplissait pas son rôle aux Antilles. L'idée des services publics a ainsi été dévoyées par l’État, qui les a utilisé comme moyen de coercition et d'assimilation. En effet, ces déplacements ont servi à tarir la montée de revendications indépendantistes et ces déracinements ont amené une large partie d'entre eux-elles à adhérer à une nouvelle identité, Gauloise-Française, le pays renforçant ainsi l’État-nation.

 

 

Cadre 1

La politique migratoire française aux Antilles grâce au BUMIDOM

 

Créé en 1963, le BUMIDOM est une société d'État dotée de la personnalité civile et de l'autonomie financière, qui est placée sous la double tutelle du Ministère des DOM/TOM et du Ministère de l'Économie et des Finances. Alors que ses missions sont l'information, la formation et l'accompagnement des personnes migrantes vers la métropole, on constate que la politique publique du BUMIDOM s'articulait au discours démagogue pour diffuser une vision idéaliste de la France, vue comme une terre d'accueil et de réussite qui provoquait le « désir de se penser français-e à part entière et de proclamer sa nationalité comme un signe de fierté et de dignité » (1). En réalité, il apparaît clair maintenant que le BUMIDOM a surtout fonctionné comme une agence de transport et, en partie, de placement d'une main-d’œuvre, attirée par la perspective d'une intégration rapide, en négligeant délibérément de lui dispenser des formations qualifiantes. Par le biais du BUMIDOM, les migrant-e-s antillais-es étaient dirigé-e-s massivement vers des emplois subalternes d'employé-e-s, d'ouvriers-ères ou de personnel de service (notamment dans les services de l'Assistance Publique), pour ceux et celles qui arrivaient à trouver et à garder un travail.

 

 

 

(1) selon Fred Constant, 1987, « La politique française de l'immigration antillaise de 1946 à 1987 », Revue européenne de migrations internationales. Vol.3, N°3. 4e trimestre. Les Antillais en Europe. pp. 9-30.

 

(2) citation extraite du documentaire « L'Avenir est ailleurs » de Maestrati (2006)
http://www.potomitan.info/atelier/pawol/bumidom.php





From: loisetilbourg@hotmail.fr
To: krburokna@hotmail.fr
Subject: RE: migrations antillaises et etat colonial. Les Radis.
Date: Thu, 27 Aug 2015 13:21:58 +0000

 
yop.
 
Les références dans le texte :
 
MARIE Claude-Valentin, 2002, « Les Antillais en France : une nouvelle donne », Hommes et migrations, N°1237, mai-juin : « Diasporas caribéennes ».
CONSTANT Fred, 1987, « La politique française de l'immigration antillaise de 1946 à 1987 », Revue européenne de migrations internationales. Vol.3, N°3. 4e trimestre. Les Antillais en Europe. pp. 9-30.

- "L'avenir est ailleurs" un documentaire d'Antoine Maestrati (2006) http://www.potomitan.info/atelier/pawol/bumidom.php

 
et une référence qui vaut le coup d'être diffusées pour information sur le sujet :
- « Migrations au service de la France ? », Claude-Valentin Marie, France Culture, 17/08/2014, 59mn : http://www.franceculture.fr/emission-les-hommes-aux-semelles-de-vent-migrations-au-service-de-la-france-2014-08-17
 
 
 
Pour la signature, mettez : Regina Phalange.
 
;-)
 
bise
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