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 [ARTICLE] Etat-nation 4 593 + 671 + 476

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Radinouk

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Messages : 277
Date d'inscription : 10/11/2013

MessageSujet: [ARTICLE] Etat-nation 4 593 + 671 + 476   Jeu 9 Juil 2015 - 11:40

Le texte : 


L’État-nation est la conjonction de deux concepts qui forme un système d’État spécifique.
La nation est l'idée d'une culture commune qui se dessine à la naissance. Natio signifie naissance en latin.
L’État moderne est une forme juridique qui assure la souveraineté du peuple, selon les règles de droit que le peuple s'est choisi. Ainsi le souverain est le peuple lui-même, et non un roi ou un empereur ou un groupe de personnes. 
L’État-nation se confond aujourd'hui avec l'unité d'une ethnie, voire d'une race.  C'est-à-dire une unique origine (biologique) de ceux qui forment l'Etat. Cette confusion engendre des politiques d'exclusion, souvent racistes de tou-t-es ceux et celles qui ne seraient pas partie prenante de l'ethnie. Y naissent aussi des politiques sexistes : le ventre de la femme devient le lieu de reproduction ; et classistes : l'ouvrier est celui qui doit produire pour la Nation ou se sacrifier pour elle – par exemple contre le méchant chinois qui accepte d'être moins payé - tandis que le citoyen achète pour elle aussi (consommez français !). 
L'exemple de la France est parlant. Depuis la naissance pendant la révolution française de l’État-nation français, une identité nationale a été forgée avec le temps au point de devenir dans la bouche de nombres de personnes quelque chose qui aurait toujours existé. L’État-nation français s'est construit sur une seule langue, un seul territoire, un seul peuple, le tout romancé dans une histoire linéaire qu'on peut faire commencer aux Gaulois ou au couronnement de Charlemagne, mais qui quoiqu'il en soit est très ancienne.
Une seule langue : les révolutionnaires français pensaient l'unification de la langue comme nécessaire à l'égalité de tout-e-s. Elle était pour eux-elles un garant d'une universalité de la citoyenneté. Ainsi ont été éradiqué les langues régionales, rebaptisé « dialectes » et présentées comme vulgaires.
Un seul territoire : la géographie a rendu possible un discours sur la beauté et la cohérence de la France, organisée de surcroît autour de 36 000 communes, des préfectures et une administration citoyenne. De plus, le schématiser en un hexagone lui donne une dimension mathématique, naturel.
Un seul peuple : des Francs, nous sommes passé-e-s aux Français, catégorie ethnique qui serait née sur le territoire hexagonal de la France. Hexagone auquel on adjoint la Corse puis les colonies dans le courant du XIXe siècle.
Dans la Révolution française, d'autres entendent dans le mot « peuple » une communauté citoyenne qui se serait choisie politiquement. Cette définition du peuple rend possible le mélange des origines territoriales, l'intégration des immigré-e-s, l'égalité sur l'ensemble du territoire (hexagone comme « colonies » )…
Mais dans l'expression, « peuple français », il y a un toujours un brouillage. Brouillage qu'on peut retrouver dans les luttes de libération nationale, qui s'appuie sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Comment crée-t-on et fait-on reconnaître un peuple ? L'identité de chacun-e se forge à travers la nation qu'on lui assigne à la naissance. Ce brouillage a rendu possible des nettoyages ethniques voire des génocides : les Arménien-ne-s au moment où la Turquie se crée en État-nation, les Tutsis contre le renforcement du jeune Rwanda, les Juifs coupables de dissoudre, salir les sociétés européennes.  L’État-nation impose le forçage d'une identité nationale qui se constitue autour du peuple-race ou peuple-ethnie. Or la jonction de la nation à l’État, qui a tout pouvoir, facilite l'oppression, le rejet voire la mise à mort de l'autre, puisque les moyens de l’État sont, actuellement supérieurs à toutes les autres formes d'organisation humaine et l'identification à cet État entraîne les masses à participer aux massacres  .
L’État-nation est une forme semi-mourante qui se trouve concurrencer par la mondialisation capitaliste, qui a besoin de transgresser les frontières pour accumuler du capital encore et toujours, et dans laquelle les classes supérieures s'unissent, indépendamment de leur nationalité, contre les pauvres. Après avoir fonctionné à travers lui, Le capitalisme remet en cause le concept d'état nation.
Or si seule la mort de l’État-nation augurera de meilleurs temps pour l'avenir, celle-ci doit laisser place à des organisations humaines fédérales, pluri-culturelles et pluri-langues, où l'égalité s'exerce réellement et il sera alors du devoir révolutionnaire des composantes de ces organisations d'être attentif à ne pas figer à nouveau des identités meurtrières, comme les appellent le magnifique écrivain Amin Maalouf.
 
Cadre :
Orthographe politique : 
Dans la langue académique, l’État prend une majuscule. L'état est un autre mot qui signifie la façon dont va une personne.
Nation ne prend par contre pas de majuscule, à part si on veut lui donner un sens plus littéraire pour renforcer l'aspect totalisant de la nation. cf.ligne 6
On écrit État-nation.
 
Les noms de peuples ou habitant-e-s d'un espace commun prennent systématiquement une majuscule : les Français, les Tutsis, les Chinois, les Toulousains… Y compris au féminin les Australiennes, les Boliviennes, les Européennes, les NewYorkaises. Ce type de nom s'appelle des gentilés (habitant-e-s d'un lieu) ou ethnonymes (nom d'un peuple). 
 

Cadre à travailler ? 

à noter que ces "peuples" qu'on n'identifie pas comme faisant partie de l'Etat-nation servent justement à définir l'etat nation. il ont donc une utilité. il y a par exemple ceux qu'on désigne comme barbares qui ne sont donc pas des hommes; mais tous les peuple se désigne comme homme d'une manière ou d'une autre face à l'étranger. autres exemple: ceux qu'on appelle tzigane, gitan, manouche.... se désigne comme "Rrom" face à des "Gadjo": comme "Homme" face à des "Étrangers"
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sabrina radis

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Messages : 24
Date d'inscription : 11/11/2013

MessageSujet: Re: [ARTICLE] Etat-nation 4 593 + 671 + 476   Jeu 13 Aoû 2015 - 17:37

Radinouk a écrit:
Le texte : 


L’État-nation est la conjonction de deux concepts qui forme un système d’État spécifique.
La nation est l'idée d'une culture commune qui se dessine à la naissance. Natio signifie naissance en latin.
L’État moderne est une forme juridique qui assure la souveraineté du peuple, selon les règles de droit que le peuple s'est choisi. Ainsi le souverain est le peuple lui-même, et non un roi ou un empereur ou un groupe de personnes. 
L’État-nation se confond aujourd'hui avec l'unité d'une ethnie, voire d'une race.  C'est-à-dire une unique origine (biologique) de ceux qui forment l’État. Cette confusion engendre des politiques d'exclusion, souvent racistes de tou-t-es ceux et celles qui ne seraient pas partie prenante de l'ethnie. Y naissent aussi des politiques sexistes : le ventre de la femme devient le lieu de reproduction ; et classistes : l'ouvrier est celui qui doit produire pour la Nation ou se sacrifier pour elle – par exemple contre le méchant Chinois qui accepte d'être moins payé - tandis que le citoyen achète pour elle aussi (consommez français !). 
L'exemple de la France est parlant. Depuis la naissance, pendant la Révolution française, de l’État-nation français, une identité nationale a été forgée avec le temps au point de devenir dans la bouche de nombres de personnes quelque chose qui aurait toujours existé. L’État-nation français s'est construit sur une seule langue, un seul territoire, un seul peuple, le tout romancé dans une histoire linéaire qu'on peut faire commencer aux Gaulois ou au couronnement de Charlemagne, mais qui, quoiqu'il en soit est très ancienne.
Une seule langue : les révolutionnaires français pensaient l'unification de la langue comme nécessaire à l'égalité de tout-e-s. Elle était pour eux-elles un garant d'une universalité de la citoyenneté. Ainsi ont été éradiqué les langues régionales, rebaptisées « dialectes » et présentées comme vulgaires.
Un seul territoire : la géographie a rendu possible un discours sur la beauté et la cohérence de la France, organisée de surcroît autour de 36 000 communes, des préfectures et une administration citoyenne. De plus, le schématiser en un hexagone lui donne une dimension mathématique, naturelle.
Un seul peuple : des Francs, nous sommes passé-e-s aux Français, catégorie ethnique qui serait née sur le territoire hexagonal de la France. Hexagone auquel on adjoint la Corse puis les colonies dans le courant du XIXe siècle.
Dans la Révolution française, d'autres entendent dans le mot « peuple » une communauté citoyenne qui se serait choisie politiquement. Cette définition du peuple rend possible le mélange des origines territoriales, l'intégration des immigré-e-s, l'égalité sur l'ensemble du territoire (Hexagone comme « colonies » )…
Mais dans l'expression, « peuple français », il y a un toujours un brouillage. Brouillage qu'on peut retrouver dans les luttes de libération nationale, qui s'appuie sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Comment crée-t-on et fait-on reconnaître un peuple ? L'identité de chacun-e se forge à travers la nation qu'on lui assigne à la naissance. Ce brouillage a rendu possible des nettoyages ethniques voire des génocides : les Arménien-ne-s au moment où la Turquie se crée en État-nation, les Tutsis contre le renforcement du jeune Rwanda, les Juifs coupables de dissoudre, salir les sociétés européennes. L’État-nation impose le forçage d'une identité nationale qui se constitue autour du peuple-race ou peuple-ethnie. Or la jonction de la nation à l’État, qui a tout pouvoir, facilite l'oppression, le rejet voire la mise à mort de l'autre, puisque les moyens de l’État sont, actuellement supérieurs à toutes les autres formes d'organisation humaine et l'identification à cet État entraîne les masses à participer aux massacres.
L’État-nation est une forme semi-mourante qui se trouve concurrencée par la mondialisation capitaliste, qui a besoin de transgresser les frontières pour accumuler du capital encore et toujours, et dans laquelle les classes supérieures s'unissent, indépendamment de leur nationalité, contre les pauvres. Après avoir fonctionné à travers lui, le capitalisme remet en cause le concept d’État-nation.
Or si seule la mort de l’État-nation augurera de meilleurs temps pour l'avenir, celle-ci doit laisser place à des organisations humaines fédérales, pluri-culturelles et pluri-langues, où l'égalité s'exerce réellement et il sera alors du devoir révolutionnaire des composantes de ces organisations d'être attentif à ne pas figer à nouveau des identités meurtrières, comme les appellent le magnifique écrivain Amin Maalouf.
 
Cadre :
Orthographe politique : 
Dans la langue académique, l’État prend une majuscule. L'état est un autre mot qui signifie la façon dont va une personne.
Nation ne prend par contre pas de majuscule, à part si on veut lui donner un sens plus littéraire pour renforcer l'aspect totalisant de la nation. cf.ligne 6
On écrit État-nation.
 
Les noms de peuples ou habitant-e-s d'un espace commun prennent systématiquement une majuscule : les Français, les Tutsis, les Chinois, les Toulousains… Y compris au féminin les Australiennes, les Boliviennes, les Européennes, les New-Yorkaises. Ce type de nom s'appelle des gentilés (habitant-e-s d'un lieu) ou ethnonymes (nom d'un peuple). 
 

Cadre à travailler ? 


À noter que ces "peuples" qu'on n'identifie pas comme faisant partie de l’État-nation servent justement à définir l'État-nation. Ils ont donc une utilité. Il y a par exemple ceux qu'on désigne comme barbares qui ne sont donc pas des hommes ; mais tous les peuples se désignent comme des hommes d'une manière ou d'une autre face à des l'étrangers. Autres exemple : ceux qu'on appelle tzigane, gitan, manouche... se désignent comme "Rrom" face à des "Gadjo" : comme "Homme" face à des "Étrangers"
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