Les feuillets des Radis

Forum des ami-es des feuillets des Radis
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 version à travailler du texte de Loise

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Radinouk

avatar

Messages : 277
Date d'inscription : 10/11/2013

MessageSujet: version à travailler du texte de Loise    Dim 5 Juil 2015 - 18:15

Loise a envoyé un extrait d'un chapitre de son mémoire à travailler pour en faire un article, voici le travail d'une version 1 :

La trajectoire sociale historique des migrant-e-s Antillais-e-s
orchestrée par la République française


La République française a orchestré une forte migration des populations antillaises vers la métropole à partir des années 1950 – 1960 en partie pour répondre, dans un contexte économique prospère, aux besoins en main-d’œuvre notamment dans les administrations publiques. Ainsi est créé le BUMIDOM (Bureau pour les Migrations Intéressant les Départements d'Outre-Mer), qui organise pendant vingt ans l’arrivée en métropole de nouveaux postiers, douaniers, agents RATP, aides-soignantes et ouvriers peu qualifiés. Aimé Césaire a qualifié de « génocide par substitution » à propos de l'émigration massive de la population noire par rapport à l'immigration blanche des fonctionnaires venant de métropole. Un phénomène certes terminé aujourd'hui mais dont les conséquences sont encore visibles.
L'immigration antillaise en 1950 et 1980
Après-guerre, c'est dans un contexte de difficulté économique et politique en Outre-Mer que prend naissance la politique française de l'immigration antillaise. Suite à la décolonisation et la crise de l'économie de plantation qui s'en est suivie, les territoires d'Outre-Mer sont sujets à des mobilisations de populations sans emploi et en colère. Dans les années 1950-1960, dans un contexte polémique autour de la départementalisation des territoires d'Outre-Mer, on souligne la montée des mouvements indépendantistes en Martinique et en Guadeloupe. Ces mouvements produisent leurs plus grosses émeutes en décembre 1959 à Fort-de-France, et en 1967 en Guadeloupe. Celles-ci attirent rapidement l'attention. Alors qu'en métropole un fort besoin de main-d’œuvre pour la fonction publique en plein développement se fait sentir, les instances locales sont chargées d'accélérer le processus de départementalisation « adaptée ».

On commence ainsi à organiser les prémisses d'une politique d'émigration massive des actifs non-employés vers des postes peu qualifiés de la fonction publique. Ces postes, « auxquels la main-d’œuvre étrangère ne [peut] prétendre » sont réservés aux « nationaux de couleurs » que constituent les migrants antillais. Le mouvement d'émigration est facilité par le développement savant d'une sorte de « mythe de la France » qui est véhiculé dans l'imaginaire local. Dans une situation sociale à rebours du modèle métropolitain, l'émigration se présente comme un ascenseur social incontestable. Alors que le discours publique met l'accent sur l'émigration, envisagé comme « la condition primordiale de la réalisation des objectifs du plan [de départementalisation] », il s'agit davantage d'une « fonction de régulation politique » de la France sur ses anciennes colonies d'Outre-Mer, qui a pour but d'« entraîner au loin les masses potentiellement « manipulables » et contraindre à l'exil les adversaires avérés du pouvoir établi ». Dans les années 1960, les mouvements indépendantistes se radicalisent, mais le pouvoir conserve la même politique accompagnée d'une extension des prestations sociales. Cet accès aux prestations sociales reste « sélectif et pénalisant » par rapport au marché du travail local, auquel il n'est de toute façon pas adapté. Par ailleurs, le SMIC reste inférieur de 20% par rapport à la métropole.

On peut mesurer les aménagements de la politique migratoire françaises aux Antilles en regardant l’évolution des missions du BUMIDOM, l'instance chargée de la mise en œuvre de cette politique. Créé en 1963, le BUMIDOM est une société d'État dotée de la personnalité civile et de l'autonomie financière, qui est placée sous la double tutelle du Ministère des DOM/TOM et du Ministère de l'Économie et des Finances. Alors que ses missions sont l'information, la formation et l'accompagnement des personnes migrantes vers la métropole, on constate que la politique publique du BUMIDOM s'articulait au discours démagogue pour diffuser une vision idéaliste de la France, vue comme une terre d'accueil et de réussite qui provoquait le « désir de se penser français à part entière et de proclamer sa nationalité comme un signe de fierté et de dignité ». En réalité, il apparaît clair maintenant que le BUMIDOM a surtout fonctionné comme « une agence de transport et, en partie, de placement d'une main-d’œuvre, attirée par la perspective d'une rapide intégration et gratifiante insertion professionnelle, en négligeant délibérément de lui dispenser des formations qualifiantes ». Par le biais du BUMIDOM, les migrants antillais étaient dirigés massivement vers « des emplois subalternes d'employés, d'ouvriers ou de personnel de service (notamment dans les services de l'Assistance Publique) », pour ceux qui arrivaient à trouver et à garder un travail.

Dans les années 70 les besoins en main-d’œuvre de la métropole se tarissent. On assiste alors à une diminution de l'émigration « organisée » tandis que l'émigration « spontanée » prend de l'ampleur. À partir des années 80, l'arrivée au pouvoir des socialistes marque un changement dans la politique d'émigration. Celle-ci cesse d'être le mot d'ordre du gouvernement qui réajuste son discours pour en faire « un choix libre et non une carte forcée ». L'émigration cesse d'être un instrument de politique migratoire avec en 1982 la suppression du BUMIDOM, remplacé par l'ANT (agence nationale pour la création et la promotion des travailleurs d'Outre-Mer).

De quelques conséquences de cette politique

Les témoignages qui ont été recueillis plus tard ont montré comment cette émigration a été douloureuse et aveugle. La plupart des travailleurs étaient l'objet de déclassement professionnel et social : celle qui était institutrice devenait en métropole femme de ménage. Le départ se faisait dans une double injonction contradictoire : on avait la chance de partir mais c'était aussi une honte, une sorte de trahison. Une ancienne employée de l'agence témoigne : « il ne fallait pas parler du BUMIDOM, parce que c'était mal vu ». On camouflait les départs sous des prétextes touristiques, et les retours étaient accueillis dans un mélange de jalousie et d'amertume. En effet, à partir des années 70 s'effectue une prise de conscience des populations antillaises sur les véritables conséquences des politiques migratoires.

C'est dans les années 1980, qu'on commence à se rendre compte des effets de l'émigration sur la population antillaise migrante. On parle de « crise d'identification » pour désigner les problèmes d'insertion sociale et de discrimination raciale que les populations subissent. Des comités nationaux d'accueil sont mis en place, et on développe une aide aux regroupements familiaux (prêts d'implantation, aide dans la recherche du logement). Cependant, ces mesures « trop tardives et trop timides » ne garantissent qu'un « accès effectif aux droits ouverts par la citoyenneté française et n'ont pas suffi à améliorer la situation globale de la communauté antillaise en métropole ». On parle de négro-politains pour désigner ces populations de français racisés.

Dans les années 1990, l'émigration se tarie, sauf pour les femmes qui restent largement discriminées dans l'accès à l'emploi en Outre-Mer et même semble t-il davantage qu'en métropole. Selon l'INSEE (institut national des statistiques et des études économiques) aujourd'hui, la moitié des natives des DOM qui travaillent sont salariées de l’État, d’une collectivité publique ou de la fonction publique hospitalière, alors que les hommes sont dans les secteurs des transports, de la logistique ou du bâtiment (39 % des Antillais qui ont un emploi en métropole sont ouvriers). Elles sont plus nombreuses que les hommes à être titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au baccalauréat, ce qui leur permet d’accéder aux emplois de la fonction publique. Elles sont le plus souvent aides-soignantes, infirmières et agents d’entretien des hôpitaux, ou agents administratifs de catégorie B et C de l’administration.

 À cet égard, il est intéressant de noter que, malgré une présence incontestable des populations antillaises dans certains emplois de la fonction publique, la plupart des enquêtes sociologiques réalisées dans ces domaines n'en font jamais mention. Plus largement, on pourrait considérer que la sociologie du travail observe les travailleurs sans remarquer leurs origines « ethniques » et l'impact que celles-ci peuvent avoir dans leur trajectoire professionnelle ou leur rapport au travail. 


Dernière édition par Radinouk le Dim 5 Juil 2015 - 18:17, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Radinouk

avatar

Messages : 277
Date d'inscription : 10/11/2013

MessageSujet: Re: version à travailler du texte de Loise    Dim 5 Juil 2015 - 18:16

Extrait complet : 

b) La trajectoire sociale historique des migrant-e-s Antillais-e-s orchestrée par l’État français
L'apport bibliographique sur le sujet des migrations antillaises en France, permet de constater un phénomène de forte migration orchestrée par l'État français [Constant, 1987], des populations antillaises vers la métropole à partir des années 50-60, en partie pour répondre, dans un contexte économique prospère, aux besoins en main-d’œuvre notamment dans les administrations publiques5 [Marie, 2002]. C'est dans ce but qu'est créé en 1963 le BUMIDOM (Bureau pour les Migrations Intéressant les Départements d'Outre-Mer), qui organise pendant vingt ans l’arrivée en métropole de nouveaux postiers, douaniers, agents RATP, aides-soignantes et ouvriers peu qualifiés. Nous détaillerons ci-dessous les origines et les conséquences de ce processus.
À l'après-guerre, c'est dans un contexte de difficulté économique et politique en Outre-Mer que prend naissance la politique française de l'immigration antillaise. Suite à la décolonisation et la crise de l'économie de plantation qui s'en est suivie, les territoires d'Outre-Mer sont sujets à des mobilisations de populations sans emploi et en colère. Dans les années 50-60, dans un contexte polémique autour de la départementalisation des territoires d'Outre-Mer, on souligne la montée des mouvements indépendantistes en Martinique et en Guadeloupe. Ces mouvements produisent leurs plus grosses émeutes en décembre 1959 à Fort-de-France, et en 1967 en Guadeloupe. Celles-ci attirent rapidement l'attention. Alors qu'en métropole un fort besoin de main-d’œuvre pour l'industrie en plein développement se fait sentir, les instances locales sont chargées d'accélérer le processus de départementalisation « adaptée ».
On commence ainsi à organiser les prémisses d'une politique d'émigration massive des actifs non-employés vers des postes peu qualifiés de la fonction publique. Ces postes, « auxquels la main-d’œuvre étrangère ne [peut] prétendre » sont réservés aux « nationaux de couleurs » que constituent les migrants antillais. Le mouvement d'émigration est facilité par le développement savant d'une sorte de « mythe de la France » qui est véhiculé dans l'imaginaire local. Dans une situation sociale à rebours du modèle métropolitain, l'émigration se présente comme un ascenseur social incontestable. Comme le note Fred Constant :
« le régime de Sécurité sociale appliqué dans les DOM à partir des années 48 assure une retraite aux vieux travailleurs et le remboursement des soins de santé, mais le régime des prestations familiales, créé par la loi « nataliste » du 22 août 1946, n'a jamais été étendu aux DOM. Ceux-ci restent régis par la loi du 11 mars 1932 qui organise, en fonction du nombre de journée travaillées et à un taux bien inférieur à celui de la métropole, le versement de certaines allocations ».
Pour mener à bien le projet de départementalisation, plus de pouvoirs sont donnés aux instances locales (Conseil régional et Préfet), tandis que de l'autre côté on augmente fortement les allocations familiales, dont le montant triple entre 62 et 66 mais reste toujours bien moindre qu'en métropole. Alors que le discours publique met l'accent sur l'émigration, envisagé comme « la condition primordiale de la réalisation des objectifs du plan [de départementalisation] », il s'agit davantage d'une « fonction de régulation politique » de la France sur ses anciennes colonies d'Outre-Mer, qui a pour but d'« entraîner au loin les masses potentiellement « manipulables » et contraindre à l'exil les adversaires avérés du pouvoir établi ».
À partir de 1965, la crise économique perdure. Les mouvements pour l'autonomie se radicalisent et les partis d'opposition reprennent l'expression d'Aimé Césaire qui parle de « génocide par substitution » pour désigner l'émigration massive de la population noire par rapport à l'immigration blanche des fonctionnaires venant de métropole. En 71, malgré la radicalisation des mouvements indépendantistes, Giscard d'Estaing succède à Pompidou en conservant la même politique d'émigration, tout en maintenant une politique d'extension des prestations sociales. Mais l'accès aux prestations sociales reste « sélectif et pénalisant » par rapport au marché du travail local, auquel il n'est de toute façon pas adapté. Par ailleurs, le SMIC reste inférieur de 20% par rapport à la métropole.
On peut mesurer la teneur des aménagements de la politique migratoire françaises aux Antilles en regardant l’évolution des missions du BUMIDOM, l'instance chargée de la mise en œuvre de cette politique. Créé en 63, le BUMIDOM est une société d'État dotée de la personnalité civile et de l'autonomie financière, qui est placée sous la double tutelle du Ministère des DOM/TOM et du Ministère de l'Économie et des Finances. Alors que ses missions sont l'information, la formation et l'accompagnement des personnes migrantes vers la métropole, on constate que la politique publique du BUMIDOM s'articulait au discours démagogue pour diffuser une vision idéaliste de la France, vue comme une terre d'accueil et de réussite qui provoquait le « désir de se penser français à part entière
et de proclamer sa nationalité comme un signe de fierté et de dignité ».
En réalité, il apparaît clair maintenant que le BUMIDOM a surtout fonctionné comme « une agence de transport et, en partie, de placement d'une main-d’œuvre, attirée par la perspective d'une rapide intégration et gratifiante insertion professionnelle, en négligeant délibérément de lui dispenser des formations qualifiantes ». Par le biais du BUMIDOM, les migrants antillais étaient dirigés massivement vers « des emplois subalternes d'employés, d'ouvriers ou de personnel de service (notamment dans les services de l'Assistance Publique) », pour ceux qui arrivaient à trouver et à garder un travail. Les témoignages qui ont été recueillis plus tard (notamment dans le documentaire d'Antoine Leonard-Maestrati, « L'Avenir est Ailleurs ») ont montré comment cette émigration avait été douloureuse et aveugle. La plupart des travailleurs étaient l'objet de déclassement professionnel et social : celle qui était institutrice devenait en métropole femme de ménage. Le départ se faisait dans une double injonction contradictoire : on avait la chance de partir mais c'était aussi une honte, une sorte de trahison. Une ancienne employée de l'agence témoigne : « il ne fallait pas parler du BUMIDOM, parce que c'était mal vu ». On camouflait les départs sous des prétextes touristiques, et les retours étaient accueillis dans un mélange de jalousie et d'amertume. En effet, à partir des années 70 s'effectue une prise de conscience des populations antillaises sur les véritables conséquences des politiques migratoires. Le dépeuplement massif de toute une partie de la jeunesse antillaise procure à ceux qui restent « un très fort sentiment de déception à l'égard de la départementalisation jugée responsable de la situation économique et sociale dégradée » [Anglo, 2010, p.94].
Néanmoins, dans les années 70 les besoins en main-d’œuvre de la métropole se tarissent. On assiste alors à une diminution de l'émigration « organisée » tandis que l'émigration « spontanée » prend de l'ampleur. À partir des années 80, l'arrivée au pouvoir des socialistes marque un changement dans la politique d'émigration. Celle-ci cesse d'être le mot d'ordre du gouvernement qui réajuste son discours pour en faire « un choix libre et non une carte forcée ». L'émigration cesse d'être un instrument de politique migratoire avec en 1982 la suppression du BUMIDOM, remplacé par l'ANT (agence nationale pour la création et la promotion des travailleurs d'Outre-Mer).
Dans le même temps on commence à se rendre compte des effets de l'émigration sur la population antillaise migrante. On parle de « crise d'identification » pour désigner les problèmes d'insertion sociale et de discrimination raciale que les populations subissent. Des comités nationaux d'accueil sont mis en place, et on développe une aide aux regroupements familiaux (prêts d'implantation, aide dans la recherche du logement). Cependant, ces mesures « trop tardives et trop timides » ne garantissent qu'un « accès effectif aux droits ouverts par la citoyenneté française et n'ont pas suffi à améliorer la situation globale de la communauté antillaise en métropole ». On parle de négro-politains pour désigner ces populations de français racisés. La conséquence de cette politique
migratoire est l'émergence d'une « communauté de nationaux de couleurs » avec l'apparition d'une 2e, voire d'une 3e génération d'Antillais en métropole.
À la fin des années 90, le sociologue Claude-Valentin Marie parle d'« inversion migratoire ». Les premières générations de travailleurs migrants, devenus retraités, rentrent en nombre au pays, faisant fortement pencher à terme la balance générationnelle aux Antilles. En 2002, la population des « Originaires des Antilles » en métropole est équivalente en chiffres à la Guadeloupe de 1992, c'est-à-dire un peu moins de 400 000 habitants. Cette population se caractérise par « l'élargissement de son espace de reproduction au delà du territoire d'origine » et son autonomisation de la « population-mère ». En effet, les retours au pays en milieu ou fin de carrière professionnelle sont fréquents mais compliqués. Peu de réinsertions sont réussies et encore moins pour les femmes qui restent largement discriminées dans l'accès à l'emploi en Outre-Mer et même semble t-il davantage qu'en métropole. À l’inverse des schémas traditionnels de migration selon lesquels les hommes migrent davantage, la migration antillaise est constituée dans les années 90 en majorité de femmes, c'est ce qui semble expliquer une croissance continue de la communauté antillaise en métropole alors que les migrations elles-mêmes se sont taries.
La proportion d’Antillaises ayant un emploi est supérieur de 10 points à celle des Réunionnaises et des métropolitaines. Leur situation sociale l'explique, elles sont souvent des mères de famille plutôt nombreuse (¼ d'entre elles élèvent seules au moins un ou plusieurs enfants alors que seulement 1/10 des Franciliennes sont dans cette situation). Les jeunes antillais issus de ces familles monoparentales grandissent en faisant l'expérience de la discrimination raciale et du chômage. Comme les jeunes issus de l'immigration étrangère, ils sont les cibles du racisme institutionnalisé et se retrouvent en concurrence avec ces derniers sur le marché du travail précaire. Ne trouvant pas de travail, ils tardent à quitter le foyer. Cela a un impact d'autant plus grand sur l'activité salariale des mères antillaises.
Selon l'INSEE (institut national des statistiques et des études économiques), la moitié des natives des DOM qui travaillent sont salariées de l’État, d’une collectivité publique ou de la fonction publique hospitalière, alors que les hommes sont dans les secteurs des transports, de la logistique ou du bâtiment (39 % des Antillais qui ont un emploi en métropole sont ouvriers). Elles sont plus nombreuses que les hommes à être titulaires d’un diplôme équivalent ou supérieur au baccalauréat, ce qui leur permet d’accéder aux emplois de la fonction publique. Elles sont le plus souvent aides-soignantes, infirmières et agents d’entretien des hôpitaux, ou agents administratifs de catégorie B et C de l’administration.
À cet égard, il est intéressant de noter que, malgré une présence incontestable des populations antillaises dans certains emplois de la fonction publique, la plupart des enquêtes sociologiques réalisées dans ces domaines n'en font jamais mention. Plus largement, on pourrait considérer que la sociologie du travail observe les travailleurs sans remarquer leurs origines « ethniques » et l'impact que celles-ci peuvent avoir dans leur trajectoire professionnelle ou leur rapport au travail.

Références :
MARIE Claude-Valentin, 2002, « Les Antillais en France : une nouvelle donne », Hommes et migrations, N°1237, mai-juin : « Diasporas caribéennes ».
CONSTANT Fred, 1987, « La politique française de l'immigration antillaise de 1946 à 1987 », Revue européenne de migrations internationales. Vol.3, N°3. 4e trimestre. Les Antillais en Europe. pp. 9-30.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Minh



Messages : 291
Date d'inscription : 06/12/2013

MessageSujet: Re: version à travailler du texte de Loise    Lun 6 Juil 2015 - 19:20

J'ai lu que le premier post.

Un texte très éclairant. Je pense toujours à ce cliché colporté par tous les humoristes nazes comme les Inconnus sur les infirmières dans les années 90.

- dans le 3ème paragraphe, on ne sait pas la provenance des citations entre guillemets.
- qui parle de "négro-politains" ? qui est le "on" ?
- au dernier paragraphe, quelles seraient l'apport de faire des statistiques "ethniques" dans la sociologie du travail par exemple ?

Je vais lire le deuxième post.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: version à travailler du texte de Loise    

Revenir en haut Aller en bas
 
version à travailler du texte de Loise
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» JK ROWLING & Harry Potter
» Blog de Version Carton! YÉ!
» Les aventures de Mr Pickwick, texte intégral ou non?
» Roméo et Juliette, une version scénarisée par Julian Fellowes
» Nouvelle version de l'éditeur de texte...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les feuillets des Radis :: Pavé : Services publics :: SP et fonctionnaires-
Sauter vers: