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 texte pas prévu : L'otite, l'hôpital, la police municipale et le pharmacien

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Radinouk

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MessageSujet: texte pas prévu : L'otite, l'hôpital, la police municipale et le pharmacien   Sam 4 Juil 2015 - 10:57

L'otite, l'hôpital, la police municipale et le pharmacien


La douleur me déchire l'oreille, la tête, le corps, je n'entends plus rien. Après une baignade dans la douce méditerranée, j'en suis sortie avec un bouchon à l'oreille, qu'une médecin m'assure pouvoir faire partir grâce à un produit dénommé « cérulyse », sauf que en plus d'avoir l'oreille bouchée, 24heures après je souffre un martyre, dont les seuls souvenirs proches sont une appendicite contractée à l'âge de 14 ans.
Léo me convainc d'aller à l'hôpital. Les urgences, voilà des années que je n'y ai plus mis les pieds. Hyères, centre hospitalier, j'ai bon espoir qu'on n'y soit pas cent milles. Personne sur le parking, plutôt bon signe. Personne dans la salle d'attente. Le gars à l'accueil prend ma carte vitale, un papier d'identité (je suis inconnue de leur service), remplit tout un dossier, photocopie mon permis de conduire… puis il me dit :
- Vous avez un moyen de paiement ?
- oui, j'ai une carte bleue.
- Si vous voulez il y a le médecin libéral qui peut vous prendre tout de suite, sinon les urgences, c'est gratuit mais c'est quatre heures.
Euh……… Je regarde Léo, qui s'étonne du peu de monde dans la salle d'attente.
- On laisse pas les gens là, ils sont dans les services, vous voulez visiter ?
- Pas maintenant - mais dans l'absolu oui – je vous fais confiance, mais quatre heures quand même !
- Avec le médecin libéral, vous devez avancer les frais, mais vous serez rembourser comme pour les urgences. C'est pour désengorger qu'on fait ça, on y gagne rien.
On accepte, bien conscient-es que c'est de l'auto-concurrence au service public. Salle d'attente du médecin libéral (il porte bien le nom du système économique auquel il appartient au moins). Cinq minutes plus tard, un médecin vient nous chercher. Léo vient avec moi, j'ai mal, je n'arrive plus à réfléchir, je ne veux pas être seule. Il me fait asseoir sur la table. Il tire sur mon oreille :
- Vous avez mal ?
- Oui.
- Il appuie sur le truc qui est devant l'oreille
- Aie.
J'ai une otite.
- Vous pouvez pas me retirer le bouchon d'oreille par ailleurs ?
- Je peux essayer, mais ça va faire mal.
Il triture à l'aide d'un pique l'intérieur de mon oreille. Je grimace, je souffre. Ce salaud de Léo regarde comme si j'étais un rat de laboratoire. Le médecin me tire un gros bouchon de cérumen de l'oreille, j'entends à nouveau. C'est déjà ça. Mais il m'a fait horriblement mal. «  Il est énorme, Tigroue, ton bouchon », s'impressionne Léo. Il continue un peu pour voir s'il peut tout retirer. Il vérifie l'autre oreille, puis la gorge, prend ma tension (11,7), écoute mon cœur.
- Vous avez une otite externe. C'est sûr, comme je peux pas voir le fond de l'oreille, je peux savoir si vous avez une otite moyenne en plus. Vous avez pris un anti-douleur ?
- non.
- bon déjà doliprane, puis goutte antibiotique dans l'oreille. …
Me voici avec une belle ordonnance dans les mains, mais il est 22 heures et j'ai toujours mal.
- La douleur va passer en combien de temps ?
- Ce soir ça ira mieux.
- Comment je trouve les médicaments ?
- Pharmacie de garde, vous appelez 3237, la police municipale vous indiquera.
58 euros la consultation – remboursée certes, mais ça coûte don plus cher à la sécu. Pourquoi ce médecin n'est pas embauché par l'hôpital ? Avec un salaire de fonctionnaire, hein ? Comme pour la SNCF, le service public des soins aide sa concurrence à tourner.
On quitte l’hôpital. La police municipale ne nous donne pas seulement l'adresse de la pharmacie de garde, on doit y passer pour s'y enregistrer. Je sonne en bas du bâtiment, avenue Gambetta à Hyères. « au fond de la cour à gauche ». Un gars bien bronzé, sans uniforme et plutôt mignon m'accueille, il inscrit mon nom dans un registre, m'explique comment me rendre à la pharmacie de garde, qui est en dehors de Hyères ce soir, puis me précise qu'il appelle la pharmacie. Je ne suis pas la première au vu du registre, quelle nuit passionnante il doit passer.
Nous arrivons à la capte. Le pharmacien et son fils ou son stagiaire nous attendent derrière ses barreaux, il y a une ouverture dans les barreaux, il prend ma carte vitale, ma mutuelle et mon ordonnance. Nous attendons dehors, il fait semi-nuit dans la pharmacie.
- Ils peuvent pas mettre les pharmacies dans les hostos, je commence à m'énerver.
- C'est libéral.
Encore un métier qui porte bien son nom. Après cinq minutes, le pharmacien revient, il allume le parking extérieur pour me montrer les médicaments. Un générique au lieu du vrai antibiotique, des cachets de 1000g au lieu de 500 pour un autre. Bref rien d'exceptionnel, si ce n'est ces drôles de condition. Rien a payé car la carte vitale plus la mutuelle sont prises en compte).

Nous reprenons la voiture. Ça ne nous a pas pris quatre heures, mais on a bien fait tourner l'économie de la bureaucratie public – privé.  
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Radinouk

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Messages : 277
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MessageSujet: version un peu modifiée   Dim 5 Juil 2015 - 18:06

L'otite, l'hôpital, la police municipale et le pharmacien

La douleur me déchire l'oreille, la tête, le corps, je n'entends plus rien. Après une baignade dans la douce méditerranée, j'en suis sortie avec un bouchon à l'oreille, qu'une médecin m'assure pouvoir faire partir grâce à un médicament dénommé « cérulyse » pas remboursé par la sécurité sociale, sauf que en plus d'avoir l'oreille bouchée, 24 heures après je souffre le martyr, et les seuls souvenirs proches sont une appendicite contractée à l'âge de 14 ans.
Léo me convainc d'aller à l'hôpital. Les urgences, voilà des années que je n'y ai plus mis les pieds. Hyères, centre hospitalier, j'ai bon espoir qu'on n'y soit pas cent milles. Personne sur le parking, plutôt bon signe. Personne dans la salle d'attente. Le gars à l'accueil prend ma carte vitale, un papier d'identité (je suis inconnue de leur service), remplit tout un dossier, photocopie mon permis de conduire… puis il me dit :
- Vous avez un moyen de paiement ?
- oui, j'ai une carte bleue.
- Si vous voulez il y a le médecin libéral qui peut vous prendre tout de suite, sinon les urgences, vous avancez pas les frais mais c'est quatre heures.
Euh……… Je regarde Léo, qui s'étonne du peu de monde dans la salle d'attente.
- On laisse pas les gens là, ils sont dans les services, vous voulez visiter ?
- Pas maintenant - mais dans l'absolu oui – je vous fais confiance, mais quatre heures quand même !
- Avec le médecin libéral, vous devez avancer les frais, mais vous serez rembourser comme pour les urgences. C'est pour désengorger qu'on fait ça, on n'y gagne rien.
On accepte, bien conscient-es que c'est de l'auto-concurrence au service public. Salle d'attente du médecin libéral (il porte bien le nom du système économique auquel il appartient au moins). Cinq minutes plus tard, un médecin vient nous chercher. Léo vient avec moi, j'ai mal, je n'arrive plus à réfléchir, je ne veux pas être seule. Il me fait asseoir sur la table. Il tire sur mon oreille :
- Vous avez mal ?
- Oui.
- Il appuie sur le truc qui est devant l'oreille.
- Aie.
J'ai une otite.
- Vous pouvez pas me retirer le bouchon d'oreille par ailleurs ?
- Je peux essayer, mais ça va faire mal.
Il triture à l'aide d'un pique l'intérieur de mon oreille. Je grimace, je souffre. Ce salaud de Léo regarde comme si j'étais un rat de laboratoire. Le médecin me tire un gros bouchon de cérumen de l'oreille, j'entends à nouveau. C'est déjà ça. Mais il m'a fait horriblement mal. «  Il est énorme, Tigroue, ton bouchon », s'impressionne Léo. Il continue un peu pour voir s'il peut tout retirer. Il vérifie l'autre oreille, puis la gorge, prend ma tension (11,7), écoute mon cœur.
- Vous avez une otite externe. C'est sûr. Comme je peux pas voir le fond de l'oreille, je peux pas savoir si vous avez une otite moyenne en plus. Vous avez pris un anti-douleur ?
- non.
- bon déjà doliprane, puis goutte antibiotique dans l'oreille. …
Me voici avec une belle ordonnance dans les mains, mais il est 22 heures et j'ai toujours mal.
- La douleur va passer en combien de temps ?
- Ce soir ça ira mieux.
- Comment je trouve les médicaments ?
- Pharmacie de garde, vous appelez 3237, la police municipale vous indiquera.
58 euros la consultation – remboursée certes, mais ça coûte don plus cher à la sécu. Pourquoi ce médecin n'est pas embauché par l'hôpital ? Avec un salaire de fonctionnaire, hein ? Comme pour la SNCF, le service public des soins aide sa concurrence à tourner.
On quitte l’hôpital. La police municipale ne nous donne pas seulement l'adresse de la pharmacie de garde, on doit y passer pour s'y enregistrer. Je sonne en bas du bâtiment, avenue Gambetta à Hyères. « au fond de la cour à gauche ». Un gars bien bronzé, sans uniforme et plutôt mignon m'accueille, il inscrit mon nom dans un registre, m'explique comment me rendre à la pharmacie de garde, qui est en dehors de Hyères ce soir, puis me précise qu'il appelle la pharmacie. Je ne suis pas la première au vu du registre, quelle nuit passionnante il doit passer.
Nous arrivons à La capte, petite ville de mer du côté de l'aéroport de Hyères. Le pharmacien et son fils ou son stagiaire nous attendent derrière des barreaux, il y a une ouverture dans les barreaux, il prend ma carte vitale, ma mutuelle et mon ordonnance. Nous attendons dehors, il fait semi-nuit dans la pharmacie.
- Ils peuvent pas mettre les pharmacies dans les hostos, je commence à m'énerver.
- C'est libéral.
Encore un métier qui porte bien son nom. Après cinq minutes, le pharmacien revient, il allume le parking extérieur pour me montrer les médicaments. Un générique au lieu du vrai antibiotique, des cachets de 1000g au lieu de 500 pour un autre. Bref rien d'exceptionnel, si ce n'est ces drôles de condition. Rien a payé car la carte vitale plus la mutuelle sont prises en compte.
Nous reprenons la voiture. Ça ne nous a pas pris quatre heures, mais on a bien fait tourner l'économie de la bureaucratie public – privé.
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