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 Racisme anti-blédard-e-s (3800 signes)

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mo



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MessageSujet: Racisme anti-blédard-e-s (3800 signes)   Dim 21 Déc 2014 - 20:40

Racisme anti-blédard : (3800 signes)



Le mot blédard désigne ce qui vient du bled, du pays d'origine.
Un-e blédard-e est un-e immigré-e qui montre des signes apparant d'appartenance à sa culture d'origine et chez qui on dénote par l'usage de la langue, les vêtements, l'usage des coutumes locales, un décalage perçu comme manque d'intégration.
La question de « la différence » qui fonde la « xeno-pobie » : la hantise de la différence à ce qu'on assimile a soi, est le fondement d'un racisme bien spécifique qui n'a de cesse de se déployer dans notre quotidien.
Analyser certaines de ses facettes nous permet, il me semble de comprendre la profondeur et la complexité de ce type de racisme symptomatique de son organisation politique et sociale, et donne par ce biai un certain nombre d'angles d'attaque pour le contre-faire, le combattre.


Les personnes désignées comme blédardes sont d'abord des personnes issues de milieux populaires. Il s'agit d'une forme de haine qui s'assimilerait à celle des citadins contre les « bouzeux », celle de la ville contre la campagne, des grandes villes contre les plus petites . Les gens du bleds on les reconnaît parce qu'ils n'ont pas de manières, il font comme au village en somme et c'est « gênant » tout comme les bourges sont gênés de voir les manières des pauvres. C'est la bonne vieille fiction civilisation/barbarie qui fait vibrer ici le concept de racisme.
Cette gêne des un-e-s c'est aussi parfois la honte des autres. La stigmatisation des « blédard-e-s » est aussi véhiculée par celles et ceux pour qui « l 'intégration », pour utiliser un gros mot, n'est plus à démontrer. Il est très fréquent d'entendre des propos ou de voir des attitudes haineuses de la part de personnes issues elles-même de l'immigration envers les blédard-e-s. Ca peut passer par des blagues sur son cousin blédard sur son téléphone, ses chaussures décallées ou juste un rappel de la hierarchie sociale presque comme un système de caste : «  moi sortir avec lui ? Tu m'as prise pour qui, tu l'as vu c'est un gros blédard ! ». Les blédards sont ici le « mauvais » souvenir, la mémoire qu'on veut effacer ou l'occasion pour faire comme tous le monde et montrer qu'on n'a tellement rien à voir avec ça qu'on est capable de le mépriser. C'est la grande réussite du processus d'intégration que ni la droite en général ni même le F.N. n'auraient manqué l'occasion de saisir ! C'est un principe d'égalité du système individualiste et libéral dans le quel nous vivons : avec un peu de volonté, TOUS LE MONDE peut reproduire le racisme et la selection sociale !
Y'a-t-il une réponse à ça ? Il y a au moins celles et ceux qui ont compris que la violence déployée contre les signes de la différence n'est pas une question individuelle que l'on règle en la reproduisant. Contre cette société qui poussent des jeunes filles à s'attacher des cheveux brushés de barbies américaines sur la tête ou à mettre des lentilles claires, pire encore à se gratter la peau avec des produits blanchissant pour coller aux critères de beauté occidentaux , il y à celles et ceux qui se dressent, fier-e-s d'une idée (puisque d'origines elles sont parfois bien lointaines) en arborant : madras, pagne, cheveux lachés, ou tête rasée ou foulards et en mélangeant genres, cultres et styles. C'est une manière de contester toute norme mais aussi de montrer de la fierté . C'est cette fierté qui dérange. Arborer ce dont on devrait avoir honte, que l'on devrait cacher, c'est défier le système dominant c'est lui rappeler qu'on peut dire non.
La haine contre les blédards nous rappelle que le racisme se constitue aussi socialement, qu'il s'imbrique très bien dans les rouages du capitalisme et de la société au mérite et que ce système est tellement bien en place que n'importe qui peut le reproduire et même sans trop de complexe.
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mo



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MessageSujet: Re: Racisme anti-blédard-e-s (3800 signes)   Dim 21 Déc 2014 - 20:44

C'est un premier jet, évidemment je n'en suis pas du tout satisfaite. J'attend vos retours pour transformer tout ça. N'hesitez pas tant sur le fond que la forme. Théoriquement il y a des points que je trouve pas clair. La conclusion me tombe pas bien et il manque des liaisons. MAis j'avancerai beaucoup mieux avec vos commentaires et corrections de co-radis ;) Merci
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Radinouk

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MessageSujet: Re: Racisme anti-blédard-e-s (3800 signes)   Sam 3 Jan 2015 - 12:54

Mes propositions en vert. Les corrections en rouge. 

Il me semble que la piste est bonne, mais qu'il y a des choses ramassées donc pas compréhensibles.
Et le passage de fin me semble hors du propos mais c'est peut-être parce qu'il manque le lien justement avec l'avant et l'après. Tu sembles y imbriquer la question de la différence face à la norme et la question du blédard, c'est deux questions peuvent être liées ou pas, mais là je ne comprends pas le lien. Il me semble que le blédard n'est pas celui qui s'affirme mais celui qui ne peut pas faire autrement. Certes il affronte la norme mais c'est malgré lui, il ne comprend pas. C'est le monsieur jourdain de Molière ou le personnage du père dans la graine et le mulet. Ou mon arrière grand père qui parlait 7 langues, a vécu 50ans en France sans jamais rentrée en Espagne, mais n'a jamais pu se défaire d'un accent au couteau et ses habitudes espagnoles. ça n'a rien avoir avec les Black panthers qui ont grandi aux Etats-Unis dans les normes américaines et se sont affirmés différents, mais ils ont reconstruits cette différence avec leur point de vue.

Sinon y a quelques lourdeurs de formulation, mais elles devraient disparaître au fil du travail.

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Le mot blédard désigne ce qui vient du bled, du pays d'origine. = TRES BIEN comme début

Un-e blédard-e est un-e immigré-e qui montre des signes apparents d'appartenance à sa culture d'origine et chez qui on dénote par l'usage de la langue, les vêtements, l'usage des coutumes locales, un décalage perçu comme manque d'intégration. [A réécrire, déjà je mettrai "Un blédard, une blédarde est un,une immigré-e .... apparents de sa culture d'origine et chez qui on dénote par la langue, les vêtements, certaines coutumes, un décalage considéré comme ? - Je trouve que l'arrivée de manque d'intégration est un peu rapide. ]

La question de « la différence » qui fonde la « xéno-phobie » : la hantise de la différence à ce qu'on assimile a soi, est le fondement d'un racisme bien spécifique qui n'a de cesse de se déployer dans notre quotidien.
Analyser certaines de ses facettes nous permet, il me semble de comprendre la profondeur et la complexité de ce type de racisme symptomatique de son organisation politique et sociale, et donne par ce biais un certain nombre d'angles d'attaque pour le contre-faire, le combattre. [PAS CLAIR ET COMME JE COMPRENDS PAS JE PEUX PAS T AIDER]


Les personnes désignées comme blédardes sont d'abord des personnes issues de milieux populaires. Il s'agit d'une forme de haine qui s'assimilerait à celle des citadins contre les « bouzeux », celle de la ville contre la campagne, des grandes villes contre les plus petites . Les gens du bled on les reconnaît parce qu'ils n'ont pas de manières, il font comme au village en somme et c'est « gênant » tout comme les bourges sont gênés de voir les manières des pauvres. C'est la bonne vieille fiction civilisation/barbarie qui fait vibrer ici le concept de racisme. [POURQUOI LE CONCEPT ET PAS LE RACISME TOUT COURT ? METTRE DES GUILLEMETS À "PAS DE MANIERE", "COMME AU VILLAGE" ? ]

Cette gêne des un-e-s c'est aussi parfois la honte des autres. La stigmatisation des « blédard-e-s » est aussi véhiculée par celles et ceux pour qui « l 'intégration », pour utiliser un gros mot, n'est plus à démontrer. Il est très fréquent d'entendre des propos ou de voir des attitudes haineuses de la part de personnes issues elles-même de l'immigration envers les blédard-e-s. Ca peut passer par des blagues sur son cousin blédard, sur son téléphone, ses chaussures décalées ou juste un rappel de la hiérarchie sociale presque comme un système de caste : «  moi sortir avec lui ? Tu m'as prise pour qui, tu l'as vu c'est un gros blédard ! ». Les blédards sont ici le « mauvais » souvenir, la mémoire qu'on veut effacer ou l'occasion pour faire comme tout le monde et montrer qu'on n'a tellement rien à voir avec ça qu'on est capable de le mépriser. C'est la grande réussite du processus d'intégration que ni la droite en général ni même le F.N. n'auraient manqué l'occasion de saisir ! C'est un principe d'égalité du système individualiste et libéral dans le quel nous vivons : avec un peu de volonté, TOUT LE MONDE peut reproduire le racisme et la sélection sociale ! [LÀ TU FAIS DES SAUTS TRES DIFFICILES À SUIVRE. A PARTIR DE LA PHRASE SUR LA DROITE, ÇA VA TROP VITE]


Y-a-t-il une réponse à ça ? Il y a au moins celles et ceux qui ont compris que la violence déployée contre les signes de la différence n'est pas une question individuelle que l'on règle en la reproduisant. Contre cette société qui poussent des jeunes filles à s'attacher des cheveux brushés de barbies américaines sur la tête ou à mettre des lentilles claires, pire encore à se gratter la peau avec des produits blanchissant pour coller aux critères de beauté occidentaux , il y a celles et ceux qui se dressent, fier-e-s d'une idée (puisque d'origines elles sont parfois bien lointaines) en arborant : madras, pagne, cheveux lâchés, ou tête rasée ou foulards et en mélangeant genres, cultures et styles. C'est une manière de contester toute norme mais aussi de montrer de la fierté . C'est cette fierté qui dérange. Arborer ce dont on devrait avoir honte, que l'on devrait cacher, c'est défier le système dominant c'est lui rappeler qu'on peut dire non.  [J'AI PAS COMPRIS CE QUE VENAIT FAIRE CE § ? C'EST LES BLEDARDs QUI SE DRESSENT ?]

La haine contre les blédards nous rappelle que le racisme se constitue aussi socialement, qu'il s'imbrique très bien dans les rouages du capitalisme et de la société au mérite et que ce système est tellement bien en place que n'importe qui peut le reproduire  et même sans trop de complexe.
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Minh



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MessageSujet: Re: Racisme anti-blédard-e-s (3800 signes)   Dim 4 Jan 2015 - 15:05

Ok, pour les pistes de Radinouk...

J'ai pas noté l'allusion avec les Black Panther (la référence n'est pas directe), mais c'est vrai qu'on peut préciser le portrait du blédard (que je ne connais pas très précisément - étant d'un milieu de bouseux, où tous les bouseux se ressemblent, même les vietnamiens nés au laos) et des autres protagonistes de l'affaire.

J'aime bien le côté "spirale du racisme entre victimes du racisme".
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mo



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MessageSujet: nouvelle version   Lun 9 Fév 2015 - 14:03


Le mot blédard désigne ce qui vient du bled, du pays d'origine.

Un-e blédard, une blédarde est un, une personne qui donne des signes de migration récente, d'origine populaire et rurale et chez qui on dénote par la langue, les vêtements, des coutumes, un décalage considéré comme suffisemment notable.
Analyser la question de « la différence » qui fonde la « xéno-phobie », la peur de l'autre ou de l'étranger ne suffit pas. Il ne s'agit pas de dire que les gens ont du mal a se fier à ce qu'ils ne connaissent pas ou qu'ils ont peur de l'inconnu, présenter les choses de ce point de vu reviendrait à dire que le racisme est horizontal et concerne tous le monde de manière égale (menant à des des fictions logiques comme le « racime anti-blanc » par exemple).



Les personnes désignées comme blédardes sont d'abord des personnes issues de milieux populaires. Il s'agit d'une forme de haine qui s'assimilerait à celle des citadins contre les « bouzeux », celle de la ville contre la campagne, des grandes villes contre les plus petites. Les gens du bled on les reconnaît parce qu'ils n'ont « pas de manières », il font « comme au village » en somme et c'est gênant tout comme les bourges sont gênés de voir les manières des pauvres, des ruraux. C'est la bonne vieille fiction civilisation/barbarie qui fait vibrer ici le racisme. Il faut coller au modèle de la Capitale, éviter les accents, s'habiller comme tous le monde.


Cette gêne des un-e-s c'est aussi parfois la honte des autres. La stigmatisation des « blédard-e-s » est aussi véhiculée par celles et ceux pour qui « l 'intégration », pour utiliser un gros mot, n'est plus à démontrer. Il est très fréquent d'entendre des propos ou de voir des attitudes haineuses de la part de personnes issues elles-même de l'immigration envers les blédard-e-s. Ca peut passer par des blagues sur son cousin blédard, sur son téléphone, ses chaussures décalées ou son accent ou encore simplement un rappel de la hiérarchie sociale presque comme un système de caste : « moi sortir avec lui ? Tu m'as prise pour qui, tu l'as vu c'est un gros blédard ! ». Les blédards sont ici le « mauvais » souvenir, la mémoire qu'on veut effacer ou l'occasion pour faire comme tout le monde et montrer qu'on n'a tellement rien à voir avec ça qu'on est capable de le mépriser aussi.


Ce que le racisme anti-blédars a de spécifique c'est qu'il est un dégout affiché de la pauvreté. Tout comme les manières des banleieusard-e-s vont gêner puisqu'elles s'affichent, s'affirment comme différentes, celles des blédar-de-s dérangent à la différence prêt peut-être que celle-ci n'est jamais perçue comme positive ou comme une force (ni même par les principaux intéressés.)


Il y a aussi de la peur, ces gens importeraient-t-ils leurs coutumes jusqu'ici ? En effet accepter la différence c'est plus simple quand il n'y en a pas. Faire l'effort de se confronter à ce que l'on ne comprend pas, ce qui est différent, ce qui bouscule ou plutôt questionne nos habitudes reste un effort auquel souvent on ne se prête pas. Souvent il faudrait que comme a religion ou même de plus en plus les idées politiques, la culture reste une question d'ordre intime bien cachée à la maison. D'où le règne de la méfiance basée à la fois sur la méconnaissance et la volonté de préserver son monde,d'empêcher l'aure d'empiéter dessu, de l'abimer.


Le processus d'intégration pousse chaque étranger-e à tenter de coller avec exactitude au modèle français. Il faudra connaître la marseillaise, afficher de la gratitude, cacher sa religion si ça n'est pas un christianisme occidental, ne pas critiquer le pays. La fiction de l'integration est parfois tellement convainquante qu'on va retrouver des personnes issues de l'immigration et/ou de quartiers populaires sur les bancs de la droite tenant des discours sur le nombre trop important d'étranger-e-s en France ou sur le manque de volonté de certain-e-s de s'integrer ! J'en passe.
L'extrême droite n'a elle-même pas maqué l'occasion de saisir ceux et celles dont l'integration a réussi parfaitement (ascension dans l'échelle sociale, rupture totale avec des habitudes culturelles liées au pas d'origine ou d'origine de la famille) en pronoçant des discours le fait que ces derniers n'avaient pas a accepter la souillure et la réputation que leurs faisaient certains autres (ceux et celles qui ne font pas d'effort en soi), qu'ils avaient aquis le droit de se revendiquer français et donc de critiquer ceux qui ne l'étaient pas ou ne faisaient pas d'efforts pour y arriver.
Il ya comme toujours un autre pendant à ça : lorsque certain-e-s ont basculé dans l'assimilation totale d'autres ont compris que malgré l'effort de leurs parent à toujours ce plier aux normes de l'integration elle ne restait qu'une fiction . Ceux et celles qui ont vu leurs parents s'échiner à faire ce que leur dictait la société , travailler plus que quiconque, respecter plus que n'importe qui le pays tout ça pour n'obtenir que le mépris affiché d'une société ingrate, eux, n'ont peut-être pas envie de faire la même chose. Afficher de la différence devient de plus en en plus en vogue dans les milieux populiares, reste à determiner si il se construit en revendications sociales commune face au monde qui nous oppresse ou si cet affichage terminera sur des qestions d'identité que l'on sait plutôt néfastes et bloquent souvent toute action de resistence.
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sabrina radis

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MessageSujet: Re: Racisme anti-blédard-e-s (3800 signes)   Mar 10 Fév 2015 - 11:12

Mes corrections orthographiques en rouge. (j'avoue c'était l'objet de la relecture 1 mais dans ma lancée..)

"Remarques" :
- le texte est clair pour moi. Par contre je ne suis pas sûre de comprendre la phrase "présenter les choses de ce point de vu reviendrait à dire que le racisme est horizontal et concerne tout le monde de manière égale" (1er paragraphe). Après avoir relu le texte, je ne suis plus sûre de comprendre ce paragraphe, parce qu'au 5ème paragraphe tu parles finalement de la peur. J'ai l'impression que ces 2 paragraphes se contredisent, ou j'ai mal lu.
- Est-ce que c'est un choix volontaire de ne pas féminiser au 4ème paragraphe.


mo a écrit:

Le mot blédard désigne ce qui vient du bled, du pays d'origine.

Un-e blédard, une blédarde est un, une personne qui donne des signes de migration récente, d'origine populaire et rurale et chez qui on dénote par la langue, les vêtements, des coutumes, un décalage considéré comme suffisemment notable.
Analyser la question de « la différence » qui fonde la « xéno-phobie », la peur de l'autre ou de l'étranger ne suffit pas. Il ne s'agit pas de dire que les gens ont du mal a se fier à ce qu'ils ne connaissent pas ou qu'ils ont peur de l'inconnu, présenter les choses de ce point de vu reviendrait à dire que le racisme est horizontal et concerne tout le monde de manière égale (menant à des des fictions logiques comme le « racime anti-blanc » par exemple).



Les personnes désignées comme blédardes sont d'abord des personnes issues de milieux populaires. Il s'agit d'une forme de haine qui s'assimilerait à celle des citadins contre les « bouzeux », celle de la ville contre la campagne, des grandes villes contre les plus petites. Les gens du bled on les reconnaît parce qu'ils n'ont « pas de manières », il font « comme au village » en somme et c'est gênant tout comme les bourges sont gênés de voir les manières des pauvres, des ruraux. C'est la bonne vieille fiction civilisation/barbarie qui fait vibrer ici le racisme. Il faut coller au modèle de la Capitale, éviter les accents, s'habiller comme tout le monde.


Cette gêne des un-e-s c'est aussi parfois la honte des autres. La stigmatisation des « blédard-e-s » est aussi véhiculée par celles et ceux pour qui « l 'intégration », pour utiliser un gros mot, n'est plus à démontrer. Il est très fréquent d'entendre des propos ou de voir des attitudes haineuses de la part de personnes issues elles-mêmes de l'immigration envers les blédard-e-s. Ca peut passer par des blagues sur son cousin blédard, sur son téléphone, ses chaussures décalées ou son accent ou encore simplement un rappel de la hiérarchie sociale presque comme un système de caste : « Moi sortir avec lui ? Tu m'as prise pour qui, tu l'as vu c'est un gros blédard ! ». Les blédards sont ici le « mauvais » souvenir, la mémoire qu'on veut effacer ou l'occasion pour faire comme tout le monde et montrer qu'on n'a tellement rien à voir avec ça qu'on est capable de le mépriser aussi.


Ce que le racisme anti-blédars a de spécifique c'est qu'il est un dégout affiché de la pauvreté. Tout comme les manières des banleieusard-e-s vont gêner puisqu'elles s'affichent, s'affirment comme différentes, celles des blédar-de-s dérangent à la différence prêt peut-être que celle-ci n'est jamais perçue comme positive ou comme une force (ni même par les principaux intéressés.)


Il y a aussi de la peur, ces gens importeraient-t-ils leurs coutumes jusqu'ici ? En effet accepter la différence c'est plus simple quand il n'y en a pas. Faire l'effort de se confronter à ce que l'on ne comprend pas, ce qui est différent, ce qui bouscule ou plutôt questionne nos habitudes reste un effort auquel souvent on ne se prête pas. Souvent il faudrait que comme a religion ou même de plus en plus les idées politiques, la culture reste une question d'ordre intime bien cachée à la maison. D'où le règne de la méfiance basée à la fois sur la méconnaissance et la volonté de préserver son monde,d'empêcher l'autre d'empiéter dessus, de l'abîmer.


Le processus d'intégration pousse chaque étranger-e à tenter de coller avec exactitude au modèle français. Il faudra connaître la marseillaise, afficher de la gratitude, cacher sa religion si ça n'est pas un christianisme occidental, ne pas critiquer le pays. La fiction de l'intégration est parfois tellement convainqucante qu'on va retrouver des personnes issues de l'immigration et/ou de quartiers populaires sur les bancs de la droite tenant des discours sur le nombre trop important d'étranger-e-s en France ou sur le manque de volonté de certain-e-s de à s'intégrer ! J'en passe.
L'extrême droite n'a elle-même pas maqué l'occasion de saisir ceux et celles dont l'intégration a réussi parfaitement (ascension dans l'échelle sociale, rupture totale avec des habitudes culturelles liées au pas d'origine ou d'origine de la famille) en pronoçant des discours le fait que ces derniers n'avaient pas a accepter la souillure et la réputation que leurs faisaient certains autres (ceux et celles qui ne font pas d'effort en soi), qu'ils avaient acquis le droit de se revendiquer français et donc de critiquer ceux qui ne l'étaient pas ou ne faisaient pas d'efforts pour y arriver.
Il y a comme toujours un autre pendant à ça : lorsque certain-e-s ont basculé dans l'assimilation totale d'autres ont compris que malgré l'effort de leurs parent à toujours ce plier aux normes de l'intégration elle ne restait qu'une fiction. Ceux et celles qui ont vu leurs parents s'échiner à faire ce que leur dictait la société, travaillait plus que quiconque, respecter plus que n'importe qui le pays tout ça pour n'obtenir que le mépris affiché d'une société ingrate, eux, n'ont peut-être pas envie de faire la même chose. Afficher de la différence devient de plus en en plus en vogue dans les milieux populaires, reste à déterminer si il s'il se construit en revendications sociales commune face au monde qui nous oppresse ou si cet affichage terminera sur des questions d'identité que l'on sait plutôt néfastes et bloquent souvent toute action de résistance.
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Radinouk

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MessageSujet: Re: Racisme anti-blédard-e-s (3800 signes)   Ven 13 Fév 2015 - 16:33

Hey,


ça commence à le faire vraiment. quelques remarques ci-dessous.


ajout de corrections à celles de Sabrina en rouge aussi. J'ai pas compris la parenthèse du 1er § "(menant à des des fictions logiques comme le « racisme anti-blanc » par exemple)" - enfin j'ai compris le sens, mais l'expression fiction logique me parait difficilement saisissable sans développement. Je propose de retirer la parenthèse. 

Dans le paragraphe 3, au lieu de "personnes issues elles-mêmes de l'immigration", c'est pas mieux "personnes dont les ascendants furent des immigré-es". La première formule, qu'on entend souvent, me semble problématique dans ce qu'elle porte comme idée. ça veut tout et rien dire "issus de l'immigration". 
Sur le tout dernier paragraphe, tu parles à nouveau de "fiction"mais à propos de l'intégration cette fois, tu la présentes comme une évidence, alors qu'il faudrait le démontrer que c'est une fiction. Enfin, je ne connais pas cette histoire du FN, tu pourrais pas citer le discours ? et par ailleurs, y a un truc qui me semble rester flou c'est pourquoi certains s'intègrent et pas d'autres ? Ce qui sous entend par ailleurs que ce n'est pas nécessairement une fiction. J'ai l'impression que y a un truc pas logique dans le paragraphe.


Anouk




Le mot blédard désigne ce qui vient du bled, du pays d'origine.

Un-e blédard, une blédarde est un, une personne qui donne des signes de migration récente, d'origine populaire et rurale et chez qui on dénote par la langue, les vêtements, des coutumes, un décalage considéré comme suffisamment notable.
Analyser la question de « la différence » qui fonde la « xéno-phobie », la peur de l'autre ou de l'étranger ne suffit pas. Il ne s'agit pas de dire que les gens ont du mal a se fier à ce qu'ils ne connaissent pas ou qu'ils ont peur de l'inconnu, présenter les choses de ce point de vu reviendrait à dire que le racisme est horizontal et concerne tout le monde de manière égale (menant à des des fictions logiques comme le « racisme anti-blanc » par exemple).


Les personnes désignées comme blédardes sont d'abord des personnes issues de milieux populaires. Il s'agit d'une forme de haine qui s'assimilerait à celle des citadins contre les « bouzeux », celle de la ville contre la campagne, des grandes villes contre les plus petites. Les gens du bled on les reconnaît parce qu'ils n'ont « pas de manières », il font « comme au village » en somme et c'est gênant tout comme les bourges sont gênés de voir les manières des pauvres, des ruraux. C'est la bonne vieille fiction civilisation/barbarie qui fait vibrer ici le racisme. Il faut coller au modèle de la Capitale, éviter les accents, s'habiller comme tout le monde.


Cette gêne des un-e-s c'est aussi parfois la honte des autres. La stigmatisation des « blédard-e-s » est aussi véhiculée par celles et ceux pour qui « l 'intégration », pour utiliser un gros mot, n'est plus à démontrer. Il est très fréquent d'entendre des propos ou de voir des attitudes haineuses de la part de personnes issues elles-mêmes de l'immigration envers les blédard-e-s. Ca peut passer par des blagues sur son cousin blédard, sur son téléphone, ses chaussures décalées ou son accent ou encore simplement un rappel de la hiérarchie sociale presque comme un système de caste : « Moi sortir avec lui ? Tu m'as prise pour qui, tu l'as vu c'est un gros blédard ! ». Les blédards sont ici le « mauvais » souvenir, la mémoire qu'on veut effacer ou l'occasion pour faire comme tout le monde et montrer qu'on n'a tellement rien à voir avec ça qu'on est capable de le mépriser aussi.


Ce que le racisme anti-blédards a de spécifique c'est qu'il est un dégoût affiché de la pauvreté. Tout comme les manières des banlieusard-e-s vont gêner [ QUI ? les non banlieusards ? les journalistes ? les parisiens ?] puisqu'elles s'affichent, s'affirment comme différentes, celles des blédar-de-s dérangent à la différence prêt peut-être que celle-ci n'est jamais perçue comme positive ou comme une force (pas ni même par les principaux intéressés.)


Il y a aussi de la peur, ces gens importeraient-t-ils leurs coutumes jusqu'ici ? En effet accepter la différence c'est plus simple quand il n'y en a pas. Faire l'effort de se confronter à ce que l'on ne comprend pas, ce qui est différent, ce qui bouscule ou plutôt questionne nos habitudes reste un effort auquel souvent on ne se prête pas. Souvent il faudrait que comme la religion ou même de plus en plus les idées politiques, la culture reste une question d'ordre intime bien cachée à la maison. D'où le règne de la méfiance basée à la fois sur la méconnaissance et la volonté de préserver son monde, d'empêcher l'autre d'empiéter dessus, de l'abîmer.


Le processus d'intégration pousse chaque étranger-e à tenter de coller avec exactitude au modèle français. Il faudra connaître la marseillaise, afficher de la gratitude, cacher sa religion si ça n'est pas un christianisme occidental, ne pas critiquer le pays. La fiction de l'intégration est parfois tellement convaincante qu'on va retrouver des personnes issues de l'immigration et/ou de quartiers populaires sur les bancs de la droite tenant des discours sur le nombre trop important d'étranger-e-s en France ou sur le manque de volonté de certain-e-s de à s'intégrer ! J'en passe.
L'extrême droite n'a elle-même pas manqué l'occasion de saisir ceux et celles dont l'intégration a réussi parfaitement (ascension dans l'échelle sociale, rupture totale avec des habitudes culturelles liées au pas d'origine ou d'origine de la famille) en prononçant des discours sur le fait que ces derniers n'avaient pas à accepter la souillure et la réputation que leurs faisaient certains autres (ceux et celles qui ne font pas d'effort en soi), qu'ils avaient acquis le droit de se revendiquer français et donc de critiquer ceux qui ne l'étaient pas ou ne faisaient pas d'efforts pour y arriver.
Il y a comme toujours un autre pendant à ça : lorsque certain-e-s ont basculé dans l'assimilation totale d'autres ont compris que malgré l'effort de leurs parents à toujours ce plier aux normes de l'intégration elle ne restait qu'une fiction. Ceux et celles qui ont vu leurs parents s'échiner à faire ce que leur dictait la société, travaillait plus que quiconque, respecter plus que n'importe qui le pays tout ça pour n'obtenir que le mépris affiché d'une société ingrate, eux, n'ont peut-être pas envie de faire la même chose. Afficher de la différence devient de plus en en plus en vogue dans les milieux populaires, reste à déterminer si il s'il se construit en revendications sociales communes face au monde qui nous oppresse ou si cet affichage terminera sur des questions d'identité que l'on sait plutôt néfastes et bloquent souvent toute action de résistance.
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Racisme anti-blédard-e-s (3800 signes)
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